15.05.2008
Rome - Review Générale - Critique - Saisons 1&2 [Intégrale]
Après le panégyrique fait à la créatrice de Rome, la chaîne payante HBO, il est grand temps de revenir sur l'une de ses séries qui a marqué le plus ces dernières années.
Rome, c'est le pari fou et irrationnelle de l'ambitieuse HBO, c'est la volonté de toujours marquer plus, frapper plus fort et aller plus loin. Pourtant, Rome ne tombe pas dans la surenchère gratuite sans fond, elle tombe pile dans la catégorie du chef d'oeuvre pur, une oeuvre aussi maîtrisée qu'aboutie.
La saison inaugurale accompagne deux légionnaires de la treizième compagnie de Jules César, Lucius Vorenus et Titus Pullo. Si la série suit de près la vie romaine et ses habitants à travers ces deux hommes, ce n'est qu'un brillant mais tout aussi passionnant prétexte, pour mettre en scène l'ascension de Jules César au pouvoir, l'évolution du régime, et l'assassinat du dictateur par les sénateurs en plein Sénat.
La partie davantage réaliste est un régal total, on se délecte devant la cruauté froide et malsaine d'Atia des Julli, nièce de Jules César et mère d'Octavia et Octave, futur empereur Auguste, on découvre aussi un Jules César à la fois conquérant, guerrier, amant et père symbolique. Derrière lui, on trouve Brutus, son fils -au moins adoptif-, sa mère et maîtresse du tyran, Servilia, soeur de Caton d’Utique, femme pieuse et torturée, capable du pire comme du meilleur, mais aussi Cicéron, l'illustre orateur et sénateur, Marc Antoine, fidèle allié de César et futur partenaire d'Auguste et Pompée, consul de Rome, déchu en Egypte de manière ignoble.
Ces diverses situations relatant des faits historiques sont grandioses, l'enjeu du pouvoir, les ruses politiques, les manipulations humaines, les accords diplomatiques, les trahisons lâches, ce tout paraît à la fois si contemporain et réel que le résultat est tout bonnement fascinant.
Evidemment, Rome coûte cher, très cher, elle est même ce qui s'est fait de plus cher dans le genre série. Pour pallier cette lacune, la suprématie de Jules César ne devait dépasser le stade de la saison inaugurale. Rome s'est alors efforcé de résumer, dire l'important, ne retenir que le plus marquant : batailles, fuites, alliances, idylles égyptiennes, il ne fallait rien oublier. Si effectivement le recours à l'ellipse et au raccourci historique était inévitable, le téléspectateur n'en est pas pour autant déconcerté, car Rome, c'est surtout une série parfaitement écrite, parfaitement maîtrisé, qui tient parfaitement bien la route.
Qualités scénaristiques indicibles à l'appui, Rome, c'est aussi le destin de deux hommes qui bien qu'existants à l'époque, ont vu enjoliver autour eux toute une vie et un décor romains. Alors que la partie réelle de Rome est spectaculaire, la partie fictive, elle, est -au moins- à sa majestueuse hauteur.
Lucius et Titus sont deux guerriers romains, aussi costauds et combatifs l'un que l'autre, ces deux là sont d'une complémentarité inouïe. Dans cette saison première, Lucius et Titus rentrent à Rome. Le premier y retrouve sa femme, Niobe, et ses deux filles, Vorena. Ce qu'il ignore, c'est que sa femme a eu un amant, le mari de sa soeur, et des deux, est né, Lucius. Si l'enfant semble pour lui de toute évidence être celui de sa fille aîné, les tensions dans la famille seront dans la saison très palpables. Cette storyline sera l'un des arcs principaux de ladite saison et finira par s'enchevêtrer, et de manière parfaite, à la scène finale de la saison, l'assassinat de César par les douze sénateurs. Rome, c'est aussi ça, c'est l'art de manier le réel et le fictif pour créer une seule et sublime histoire, qui plus est, totalement crédible.
Titus, quant à lui, sera l'ami fidèle de Lucius tout au long de la saison. Il se liera également d'amitié avec le jeune Octave, futur Auguste, et lui apprendra l'art de la guerre mais aussi de l'amour. Lui aussi finira par céder aux charmes d'une jeune esclave, Eirene.
Si ces histoires fictives apportent un plus captivant au récit de Rome, c'est aussi parce qu'elles permettent un regard sur la cité romaine, regard qui n'aurait pas été si juste s'il provenait des hauts dirigeants romains. Ainsi, on découvre une cité antique sublime et répugnante, des décors aussi colorées que grisâtres, des lieux aussi fascinants qu'écoeurants, une vie romaine à la fois intelligente et bestiale, et des pratiques quotidiennes ignobles, meurtre, inceste, pédophilie, esclavage, vol, gang, prostitution, tout est resté fidèle à la vie romaine, sans non plus être trop visible. C'est avant tout ça la première réussite de Rome.
Dans l'ultime saison, Marc-Antoine succède au défunt Jules César dans la direction des affaires de la cité. De connivence certaine avec Atia, Marc-Antoine doit pourtant gérer Octave, devenu fils adoptif de César, reconnu par testament. La nouvelle richesse d'Octave, le désir de venger ce père sentimental, notamment contre Brutus, l'envie de succès et de plébiscite populaire ont fait consommer la rupture entre lui, Marc Antoine et Brutus. A chacune des batailles livrées contre lesdits hommes, Octave gagne. Mais sous le doux conseil de sa mère, il s'allie cependant avec Marc-Antoine -ayant lui les faveurs du Sénat- pour le contrôle de Rome.
Pourtant, le triumvirat -Marc Antoine, Octave, Lépide- fonctionne mal, Marc Antoine est avide d'argent, de territoires et de pouvoir, Octave est strict, modéré et de bonnes moeurs. Avant même que l'alliance n'éclate, Marc-Antoine partit se réfugier en Egypte et retrouva celle qui sera sa sauvage amante et qui deviendra mère de deux de ses enfants : Cléopâtre. Sous l'assise manifeste de Cléopâtre, Marc Antoine déclara la guerre à Octave et à Rome. Le peuple pourtant en sa faveur se retourna contre lui et soutint Octave. Après maintes batailles vaincues par le jeune homme, Octave retrouva Marc-Antoine et Cléopâtre dans leur palais, et devant le cadavre de l'ancien tyran, il regarda la reine d'Egypte se suicider. Naquît ainsi -au series finale- le premier empereur romain de l'Histoire, l'empereur Auguste.
Dans la partie fictive, on retrouve un Lucius plus dévoré par la colère que jamais. Ayant appris la vérité pour Niobe et l'enfant, il assista au suicide de sa femme et enragé, en vint à maudire ses enfants. Il repartit alors dans la légion de Marc-Antoine.
Grâce à l'amitié de Titus, il retrouva plus tard ses enfants devenus esclaves, et haineux à l'égard de leur père. De nouveau à Rome, Lucius et Titus ont désormais le contrôle de l'Aventin. Entre gangs tueurs avides de pouvoir et prostitution affichée, le décor autour des deux hommes est résolument plus sombre que dans la saison précédente mais offre un regard réaliste de la vie romaine.
Comme dans la première saison, les deux histoires se rejoignent harmonieusement en conclusion. Titus et Lucius récupèrent Caesarion, fils supposé de César après l'arrivée d'Octave.
Si cette saison est plus noircie que la première, elle est du côté de la partie réaliste, aussi haletante et même aussi beaucoup plus amusante. Rome n'étant pas qu'un drama soigné d'HBO, c'est aussi une oeuvre capable d'auto dérision, notamment à travers les Julii et Atia, personnage charismatique de Rome. Les joutes verbales d'Atia et celles d'Octavia valent vraiment le détour et l'épisode où elles se rendent en Egypte, plus encore.
Le series finale fut aussi parfait que tout le reste, aussi abouti et bien construit que ces vingt et un autres chapitres. Si Rome est une série exemplaire, ce n'est pas forcément dû au sujet initial. Si celui était de prime abord plutôt alléchant, il prend tout son sens à travers l'incommensurable travail des scénaristes, réalisateurs et comédiens de grand talent qui ont maîtrisé leur sujet à la perfection, offrant deux saisons identiques en qualité, en singularité, en intensité et en générosité.
13:19 Publié dans Rome, xBrilliant But Cancelledx, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rome, critique, review, saison 1, saison 2
11.04.2008
Dexter – Bilan – Critique – Saison 2
La saison inaugurale de Dexter avait été l’une des très bonnes surprises de l’an passé.
Cette saison, Dexter a connu des hauts et des bas, s’est embarrassé de quelques personnages insupportables et s’est achevé sur un final assez complaisant. Cependant, la magie noire a une nouvelle fois opéré et l’on peut retenir de cette saison,un ensemble plutôt positif.
Chasse à l’homme, un arc à la méthode récidiviste
Alors que l’Ice Truck Killer était l’arc de la première saison et permit à la série de bénéficier d’une histoire à suspense remarquable, le fil conducteur de cette saison a été l’enquête autour du Bay Harbor Butcher, on aime les manhunts et les noms de code filandreux à la police de Miami.
Une fois encore, le Bay Harbor Butcher, appelons-le honey, est lié à Dexter, ce n’est pas son frère ni son père revenu d’outre-tombe, c’est lui-même dont il est question ; les corps des victimes du psychopathe justicier ayant été retrouvés par quelques pêcheurs, Dexter sera directement menacé par cette découverte.
L’œuvre de Dexter affiché au grand jour, le concept de cette saison était donc assez hasardeux voire casse-gueule : il s’agissait tout simplement de mettre en danger la vie du personnage principal. Pourtant l’on sait de source sûre que Dexter aspire à un nombre incertain de renouvellements, établir si vite cette riche idée paraissait donc à la fois ambitieux mais du fait de sa précocité, fortement risqué.
Pour Dexter, l’atmosphère a été plus paranoïaque que jamais. Il s’agira alors pour lui de garder son sang-froid habituel, de surveiller ses arrières et ses pulsions assassines persistantes, de faire régner justice avec plus de précaution. Malheureusement pour lui, les suspicions sans cesses plus fortes d’un Doakes franchement inquisiteur, Dexter aura du mal à mener son quotidien comme il l’entend et devra composer avec ce nouveau fardeau de cent kilos.
L’enquête suivant son cours tout au long de la saison, l’étau s’est peu à peu resserré autour de Dexter ; sa sœur, Debra, est très investie par sa mission tout comme son boyfriend de capitaine Lundy, au cours de l’enquête, les choses ont avancé, le leitmotiv et le profil psychologique du tueur a été établi, la police en vint même à comprend que le tueur est un membre de la police de Miami. Dexter est alors un homme sur la corde raide.
Discours métaphysiques, autosuggestions morbides, quête de soi: un trio récurent chez Dexter
Avant que l’enquête du BHB ne voit le jour, décontenancé par la perte de son frère, la quête de repères sera plus aigüe pour Dexter. Mais au final, on a frôlé le personnage pleurnichard, le misérabilisme et le narcissisme exacerbés, certaines pensées de Dexter à force de répétitions et d’égocentrisme se sont approchées effectivement du carrément prolixe et n’ont pas apporté vraiment à l’évolution psychologique du personnage.
Mais on l’aura compris : Dexter a été mis en difficulté cette année. Une fois menacée, les remises en cause existentielles de Dexter auront un tout autre intérêt ; sa fébrilité, sa nervosité seront dès lors palpables, le personnage, tourmenté à souhait, sera perçu avec davantage de profondeur et d’humanité, renouant ainsi avec le personnage qu’il était en saison inaugurale.
Directement placé sur la corde raide, Dexter connaît un avenir incertain, apeuré, menacé, dominé, la personnalité de Dexter est alors plus approfondie, le personnage prend de l’intensité, de la complexité et l’interprétation de Michael C. Hall est alors plus juste et époustouflante que jamais.

Une galerie de personnages secondaires davantage consistante
Contrairement à la saison inaugurale, cette saison a fait la part belle aux personnages secondaires, ce qui a permis de ne plus ressentir la série comme portée par les épaules uniques de Dexter mais par davantage de dos plus ou moins convaincants.
Si Lyla a fini par côtoyer l’écœurant, elle demeura néanmoins un personnage important. Son rôle dans la résolution de l’affaire du BHB n’est plus à démontrer [garantie No Spoiler] et même si elle devint le pion scénaristique servant à dénouer les enjeux de la saison de manière plus ou mois facile, elle permit au prime abord une réelle influence sur Dexter et une certaine évolution du personnage. Son tempérament lucide et son charisme représentait un intérêt non-négligeable mais Lyla finit par tomber sous la caricature insupportable de l’hystérico-pyromane.
En outre, on distingue Deb, la sœur de Dexter. Dévastée par l’identité de son ancien petit-ami, Debra peine à renouer avec vie d’avant et à refaire confiance à la gent masculine. Debra est probablement LA surprise de la seconde saison de Dexter ; son fucking tempérament si singulier la démontre comme impulsive, active et irréfléchie mais ses récentes épreuves l’ont enrichi, son personnage a pris de l’étoffe et de la maturité ; sa liaison avec le capitaine Lundy l’illustre parfaitement. L’adoration qu’elle voue à Lundy et son désir de protéger Dexter de Lyla la dépeint également comme une personne généreuse et très aimante. Un véritable coup de cœur.
L’équipe de police prit également de l’importance, avec notamment une capitaine LaGuerta plus humaine et touchante que jamais. Le sergent Doakes, lui, devint presque omniprésent ; ses suspicions à l’égard de Dexter l’ont isolé professionnellement et socialement. Comme Lyla, il est un pion scénaristique qui permit la résolution de l’affaire ; cependant ses interventions ont réellement mis en difficulté notre justicier de l’ombre et leurs échanges ont influé les représentations amorales de Dexter.

Comportement psychopathe et modèle de stabilité : une combinaison efficacement malmenéeLa saison inaugurale de Dexter avait été caractérisée par une combinaison paradoxale, unique en son genre, qui consistait à mettre en scène une personne socialement intégrée, bien sous tout rapport mais qui a la fâcheuse tendance de zigouiller les crapules errantes.
Dans cette saison, le côté noir de Dexter fit peu à peu surface : Dexter n’est plus l’homme de confiance qu’il était. La saison inaugurale s’était achevée sur les suspicions de l’ex de Rita à l’égard de Dexter, ce premier a ainsi permis à la jeune femme de remettre en cause l’exemplarité de Dexter. Dans l’impasse, Dexter fut contraint de simuler une addiction à la drogue. Bien que le soutien de Rita à l’égard de Dexter soit inébranlable, la mère de Rita, par exemple, fut l’une des premières à se méfier de Dexter-personnage public et à inciter sa fille à s’éloigner. Par la suite, la rencontre avec Lyla, leur rapprochement et leur aventure mit en évidence que Dexter n’est plus l’homme droit qu’il était, Rita comprit qu’elle s’était fourvoyée.
Dexter suscite le doute, il n’apparaît plus comme le modèle de sagesse et de stabilité d’avant ; s’il peut encore compter sur le soutien de ses proches, Dexter doit dorénavant composer avec le fait qu’il n’est plus aux yeux de tous un homme de confiance, ce qui représente un danger certain pour son activité secrète.
En conclusion, outres les facilités scénaristiques fâcheuses de la fin de saison, cette seconde saison de Dexter s’inscrit dans la lignée de la première. Faisant évoluer son personnage principal en l’exposant à de nouvelles dimensions, appuyant l’intérêt de personnages secondaires-clés, la série s’apprécie surtout du fait de l’évolution faite aux personnages.
Sans se contenter de poursuivre le concept lancé par la saison initiale, cette saison permit un contre-pied dangereux mais brillamment maîtrisé. D’une richesse psychologique indéniable, cette saison explore la profondeur et les facettes de sa pièce maîtresse sans oublier d’aiguiser la dimension thriller du show et de peaufiner l’ambiance inédite de la série, sa marque de fabrique. Au final, cette saison est un spectacle intense, abouti, haletant, à ne surtout pas rater.
09:36 Publié dans Dexter, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dexter, saison 2, bilan, critique
04.04.2008
Tell Me You Love Me - Critique - Bilan - Saison Inaugurale
Although it’s not an easy commitment, Tell Me You Love Me is an incisive, deeply interesting drama. Voyeurism has rarely felt so unnerving yet ultimately rewarding.

Créée par Cynthia Mort
Diffusion HBO
Series Premiere le 09 septembre 2007
Saison 1 achevée. Saison 2 à venir.
Format 50mn- 10 épisodes
Adam Scott, Ally Walker (Profiler), Tim Dekay (Carnivàle), Jane Alexander (The Way), Michelle Borth, Sonya Walger (The Librarian, Coupling), Luke Kirby (Slings & Arrows), Ian Somerhalder (Lost), Sherry Stringflied (ER)
Show Synopsis
Jamie et Hugo, la vingtaine, expérimentent la vitalité de leur vie sexuelle mais se rendent compte que leur intimité est une sorte de drogue qui leur sert d'échappatoire à une réflexion plus poussée sur leurs visions différentes de la fidélité et de l'engagement. Katie et Dave, la quarantaine, sont d'heureux parents mais se demandent pourquoi leur amour ne s'est plus transformé en une intimité sexuelle depuis presque un an. Carolyn et Palek, milieu de la trentaine, déplorent à quel point leurs efforts pour devenir parents et leur incapacité à concevoir un enfant a affaibli les connexions entre eux.
Ces trois couples décident de consulter un psy : le docteur May Foster.
Critique
Tell Me You Love Me : une série intimiste ou carrément porno ?
Pour découvrir Tell Me You Love Me, soit il faut être un internaute curieux voire vicieux car conscient du buzz médiatique que la série a engendré par ce qu’on appellera, son ambition désinhibitrice ; soit il faut être sériephage, autrement dit piqué par toutes nouveautés inspirées susceptibles de coup de coeur, et spécialement celles conçues par HBO. Ou il faut être les deux mais le déplacement du débat n’est pas pour aujourd’hui.
Plus qu’une vision désinhibitrice, Cynthia Mort filme le couple dans toute sa splendeur, dans toute son existence, cela passant forcément par son intimité sexuelle. Sans jamais chercher à glamouriser ou à érotiser le couple, le regard s’insinue partout, jusque dans l’esprit de ces personnages. De près ou à distance, de manière spontanée et instinctive, la caméra capture un état latent, fouille ce lien unissant entre deux personnes qui s’étire, se casse ou se confond, creuse les connexions compliquées, brouillonnes ou tourmentés entre amants. Autant de frustrations, de solitude qui conduisent alors ces quatre couples sur le divan d'une psychothérapeute.
Malgré le caractère cloisonné des histoires de ces couples, chacun participant à l’esprit de la série sans jamais entrer en interaction avec les autres et pouvant constituer pour les plus récalcitrants, une succession d’imagettes ampoulées, Tell Me You Love est une série instinctive, naturelle, désarmante. Des plans inutiles mais lourds de sens, des dialogues ordinaires qui ne résolvent rien mais dont on use tous chaque jour pour se voiler la face, des situations anodines, des crises quelconques, Tell Me You Me n’a rien d’emphatique ni de pompeux, elle mise bel et bien sur la réalité de notre société, sur le déni de l’individu pris spontanément dans son intimité. Tell Me You Love Me : une série intimiste, assurément, une série de proximité, démystifiant les maladresses, les complexes et les épreuves.
Une saison toute en non-dits et silences lourds de sens : un regard presque documentaire
A travers ces quatre couples de générations différentes, Tell Me You Love Me nous offre un regard juste et sincère sur l’intimité d’un couple, son quotidien et sa manière de fonctionner, c’est aussi une manière de montrer les enjeux générationnels propres aux couples d’âge différent.
En ce sens, Jaimie et Hugo est le jeune couple, en plein questionnement qui cache ce malaise par des impulsions sexuelles vives et rapides, peu importe l’endroit.
Infiniment juste, ce couple plus vrai que nature est touchant par son authenticité et ce lien amoureux qui crève l’écran. D’un autre côté, il ya le couple inattendu de Katie et David, déjà installé. Déboussolé par la gestion d’un foyer et leur travail respectif, ce couple a perdu toute intimité et une fois la famille endormie, se comporte comme de parfaits étrangers, pudiques et sagement réservés, cachant alors une solitude extrême. Ce couple tout en retenu est désarmant, tant il est représentatif du couple routinier par excellence en proie à la mid-life crisis et aux envies d’adultères.
Ainsi, ce que propose Tell Me You Love est un regard presque documentaire, plus vrai que nature sur des individus lambda psychologiquement affectés. Loin de tout stéréotype préfabriqué, le regard porté sur la vie de ces personnages est poignant, doucement âpre, tour à tour amoureux, brutal, indifférent.
Ce n’est pas amusant, ce n’est pas triste. C’est simplement juste et douloureux, tout en non-dits et en complexité. Jamais une série ne réalisa une réflexion sur la vie à deux de façon si concrète, si substantielle, si réaliste. Pour cela, le silence et le non-dit devaient être omniprésents ; presque palpables ici, ils créent une ambiance réaliste et fortement troublante. Tell Me You Love, c’est tout, sauf gratuitement racoleur.
Tell Me You Love Me et In Treatment, la thérapie vue par HBO ou comment créer un genre nouveau fascinant

Après Tell Me You Love Me, HBO mise sur In Treatment, série d’origine israélienne qui suit les consultations hebdomadaires de cinq personnes en quête de réponses.
Avec ces deux séries, HBO semble avoir trouvé son nouveau mot d’ordre : désordre psychologique et regard intérieur. Le motif thérapeutique et psychologique est avant tout là pour mettre en lumière l’intimité de l’individu, son essence créatrice intérieure, l’individu pris isolément dans sa cénesthésie. En misant sur l’introspection, l’autocritique, HBO permet d’explorer la profondeur de l’être humain et de porter un regard sur la réaction humaine, réaction parfois surprenante, parfois attendue, souvent dans le déni.
Grâce à elles, HBO nous familiarise avec la consultation psychologique, le rapport psychiatre-patient, l’entretien souvent touchant de justesse et d’authenticité et offre ainsi une envie d’introspection, d’examen auto-critique ; pour nous, lambda enorgueilli par notre société égoïste-post-matérialiste.
TMYLM et In Treatment offrent en conclusion une sorte d’analyse à domicile, bilan personnel pour gens ordinaires, une psychanalyse faite par soi-même avant la lecture du soir, un outil de démystification accessible à tous, c’est neuf, approfondi, brillant et ça peut apporter beaucoup ; merci HBO.
19:40 Publié dans Tell me You Love Me, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tell me you love me, bilan, critique, hbo
18.03.2008
The Riches - Bilan - Critique - Saison 1
Le season premiere de la seconde saison étant diffusé d'ici une dizaine d'heures sur FX,
voilà une note-retour sur le parcours brillant de la première saison de The Riches.
The Riches ou la vie banlieusarde remise au goût du jour
J'ignore pourquoi The Riches fut l'un de mes plus gros coups de coeur de l'année, pour le talent de Minnie Driver et Eddie Izzard, pour l'habileté de l'écriture, pour l'originalité des situations ou pour l'intensité dramatique qu'a su développer cette saison inaugurale, j'hésite encore beaucoup. Parce que c'est vrai, The Riches, c'est un tout unique qui captive du début jusqu'à sa jolie conclusion. Et si l'on remercie FX au passage pour avoir eu le bon goût de renouveler cette jolie trouvaille (à l'instar du tape à l'oeil et creux Dirt qui ne méritait que trois diffusions maxi), on pouvait au season finale d'ores et déjà se dire que ces douze premiers épisodes valaient, déjà, drôlement le détour.
The Riches suit l'histoire des Malloy, une famille de bohèmes, de voyageurs, de voleurs expérimentés, de nomades rusés qui à la suite d'un tragique accident de voiture, décident de quitter cette vie qu'ils ont toujours connus et de renaître dans la peau des Riches, couple aisé, décédé dans ledit accident.
L'idée de départ n'est pas la plus grande qualité de The Riches, parce que certains épisodes frôlent parfois avec le carrément invraisemblable -il est effectivement difficile de croire qu'une famille de voyageurs puisse si facilement se faire passer pour des individus qu'ils ne sont vraiment pas, notamment Wayne dans la peau de Doug Rich, brillant avocat apprécié de tous. Si l'on s'inquiète donc plus ou moins du sort réservé à cette famille à chaque potentiel danger, on peut cependant se dire que la série tient « scénaristiquement » la route.
Des personnages hauts en couleur, au caractère bien trempé
Mais "The Riches", ce n'est pas non plus que ces Rich supposés sans histoires, la personnalité des Malloy restant omniprésente à Edenfalls. En chef de famille, on trouve Wayne, un père attentif et mari aimant, rusé et débrouillard, il s'accommode de toutes les situations. S'il est proche de sa famille, Wayne entretient un rapport particulier avec sa belle-famille. N'ayant d'une part pas apprécié que Dahlia aille en prison à la place de Wayne, la famille de Dahlia n'apprécie pas non plus la place que Wayne tient dans leur tribu, et notamment Dale, le fils du chef de la tribu. Lorsque Wayne décide de fuir le camp, et accessoirement d'emprunter une somme non négligeable d'argent à la tribu, c'est toute la famille qui se retourne contre Wayne et qui souhaite le retrouver pour se venger. Cette storyline est l'arc principal de cette saison inaugurante. Intense, haletante, parfois violente, cette storyline nous plonge dans un univers particulier qu'est celui des voyageurs, leur mode de vie, collectif, solidaire et malsain, dans la lignée de Big Love et la communauté mormone.
Contrairement à Wayne, sa femme, Dahlia est quelqu'un de profondément fragile. Dès sa sortie de prison au milieu du series premiere, Dahlia semble très à fleur de peau. Son séjour carcéral la rendut angoissée et perdue et c'est en prenant régulièrement de l'héroïne que Dahlia sort petit à petit de son mal-être permanent. Dahlia est un personnage touchant et d'une justesse désarmante, et c'est par amour pour son mari et ses trois enfants qu'elle s'efforce tout au long de la saison de combattre ses démons intérieurs. Peu à peu, Dahlia se rév2la plus forte et plus déterminée, et nous offre un spectacle à la fois haut en couleur et émouvant. Dahlia Malloy/Cherien Rich est un personnage complexe, et l'interprétation parfaite de Minnie Driver est un atout majeur du personnage.
Les enfants des Malloy sont tout aussi surprenants et passionnants que les parents. L'aînée, Deedee, est une jeune fille mûre et intelligente. Proche de sa mère, elle va, en s'introduisant peu à peu dans le milieu bourgeois et rangé dans lequel elle vit, s'émancipait de ses origines bohèmes, ce qui désolera sa mère et son frère cadet. Mais en acceptant d'épouser un jeune homme bêta du camp pour éviter de gros problème à sa famille, Deedee montre son attachement à cette dernière et son sens des responsabilités.
Le frère cadet, lui, est un bohème pur et dur, ayant placé son père sur un piedestal, il admire leur mode de vie et se sent très solidaire de sa famille. Malheureusement, son amour pour une jeune fille du camp lui rappelera le goût amer de la trahison. Ne parvenant pas à s'acclimater de son nouveau milieu, Cael, se sentira très esseulé et peinera à retrouver son bonheur d'avant.
Le plus jeune de la famille lui, est le petit protégé des Malloy. Très mature pour son âge, Sam, participe volontiers aux ruses de sa famille, notamment en se déguisant en fille ou en jouant l'élève parfait au proviseur de son école. Ses manières efféminées, son goût pour le français, ses barrettes dans les cheveux, ses envies de travestissement à toute heure de la journée, font du jeune garçon quelqu'un d'unique en son genre, à la fois cocasse, complexe et très attendrissant. Soutenu par sa famille entière, et notamment ses parents et sa grande soeur, c'est à travers lui que l'on ressent l'harmonie et l'union de cette famille pas comme les autres.

Une série réaliste, ciblée, dramatique : définitivement à suivre
Offrant de bons moments dramatiques dans la veine de Meadowlands ou Big Love, et des situations hilarantes et anecdotiques pareilles à Weeds, The Riches est le résultat du mélange subtil qu'est l'intensité lacrymale du drama, l'humour corrosif de la bonne comédie et le déroulement narratif maîtrisé du chef d'oeuvre.
Plus original, plus touchant, plus réaliste que la plupart des séries portant sur le sujet "vie banlieusarde", The Riches parvient à démontrer l'hypocrisie du microcosme banlieusard et les revers d'une société élitiste et méprisante.
Traitant de sujets nombreux et variés, tels le pouvoir, la famille, l'homosexualité refoulée, la drogue, la souffrance quotidienne de gens sans histoires, l'état de nécessité des plus démunis, The Riches est une oeuvre fascinante, aussi divertissante qu'intéressante et permet un regard neuf et juste sur la vie banlieusarde américaine et la difficile intégration à un monde brillant, élitiste et condescendant.
18:00 Publié dans The Riches, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : riches, saison 1, critique, review
04.03.2008
Big Love - Bilan - Critique - Saison 2
Big Love nous est revenu cet été, pour notre plus grand plaisir.
Du temps s’était écoulé depuis cette saison inaugurale, du temps s’est encore écoulé depuis la fin de cette seconde saison. Il est temps de faire le point, de retrouver notre bien-aimée famille Henrickson, de revoir ces trois femmes tant appréciées, leurs enfants et leur mari si particulier.
Apres un season finale cataclysmique, on s’attendait au pire pour cette famille polygame, les voir traverser tout le pays dans une gigantesque caravane à la manière des Malloy/Riches qui me manquent également terriblement. Pourtant, dès ce season finale, on retrouve une famille aux apparences ordinaires, un quartier toujours aussi anodin et une vie de famille faussement tranquille. Rien n’a changé, à une exception près : Barb.

La Révolution-Barb
On retrouve une Barb au moral plus bas que terre, sa disqualification au concours de mère de l’année l’a humiliée et a fait d’elle une paria. Barb devient casanière, paranoïaque, rancunière et isolée.
Lors de cette saison, Barb est devenue une toute autre personne, quelqu’un qui défie son mari, qui renie son propre mode de vie, on comprend peu à peu que Barb n’a jamais totalement accepté le nouveau choix de vie de son cher et tendre. Pour échapper à sa rancune et sa colère, Barb décide de quitter un moment le foyer familial et de faire le point. Elle décide de reprendre ses études, de mener sa vie, de renouer les liens avec sa famille puis de revenir à la maison, plus saine et posée.
Pourtant, lors de cette saison, Barb ne redeviendra jamais l’épouse dévouée et principale pilier de Bill. Elle tente quelques mutineries, essaye tant bien que mal de faire renoncer Bill à ses projets professionnels un brin malsains, de rallier les deux épouses à sa cause, de convertir la petite Rhonda et de l’éloigner du terrible Roman, et compte bien aussi inculquer une éducation chrétienne à ses enfants. Lorsqu’elle découvre notamment que Ben, son aîné, connaît quelques aspirations polygames, c’en est de trop pour Barb. On comprend alors que la polygamie, son guide de vie est quelque chose qu’elle ne tolère que très peu, quelque chose qui l’assène au plus profond d’elle.
Mais pour autant, Barb ne se détourne pas de ses principes : elle continue l’entretien de son foyer avec ferveur et patience, et n’hésite jamais à aider ses proches, notamment le frère de Bill qu’elle apprécie particulièrement.
Le personnage de Barb a dans cette saison creusé une autre de ses –passionnantes- facettes, c’est une femme complexe qui a ses propres opinions et qui résiste tant bien que mal à outrepasser ses choix pour vivre dans cette vie qui l’incommode tant. Après de longues réflexions, des remises en questions existencielles et son rapprochement avec les siens, Barb retrouve la foi en son mariage. En avouant la polygamie de la famille aux voisins, c’est comme son libre-arbitre qu’elle parvient à pleinement récupérer.
Une Margene comme on aime
Ses sister-wives ont également vécu de nombreux évènements lors de cette saison.
Je poursuis en parlant de mon personnage préféré de Big Love, celui qui est aussi touchant que maladroit : Margene. Margene a des airs infantiles, elle réagit de manière impulsive, boude quand il faut, joue l’hystérique lorsqu’elle est heureuse. La saison inaugurale nous l’avait introduit de cette manière.
Durant cette saison, la personnalité de Margie est creusée en profondeur. Le principal défaut de Margene ? Etre folle amoureuse de cette plaie qu’est Bill. Pour elle, la polygamie est un jeu à prendre à la légère ; elle aime son mari, aime les enfants de son mari et aime ses femmes comme deux meilleures amies. Dans cette saison, Margene nous a ainsi offert de grands moments : tentatives d’émancipation et d’indépendance aux scènes hystériques caractérisée par sa personnalité haute en couleurs en passant par quelques moments touchants à l’égard de sa mère, Margene montre qu’elle est plus qu’une simple baby-sitter et aide-ménagère ponctuelle.
Lorsque Bill rencontra Ana, je craignais que Margene se révolte, qu’elle comprenne enfin qu’être la dernière femme était comme le disait Nicky une preuve de la jeunesse et beauté éphémère destinée aux bons plaisirs de Monsieur. Mais au contraire, Margene s’est réjouie de cette rencontre. En quête d’amitié et de soutien, elle montre une personnalité chaleureuse et aimante, son désir de porter l’enfant de sa voisine Pam le montre aisément : Margene n’aspire qu’à une chose : être reconnue et estimée pour ce qu’elle est.
Nicky, l’argent, le pouvoir, la vengeance ; scène II
Pour Nicky, la vie suit son cours. D’abord, enchantée par le retrait du pouvoir de Barb, elle comprend peu à peu qu’elle a besoin de ses deux sister-wives. Se sentant à quelques égards délaissée par son mari et remettant en cause ses croyances spirituelles les considérant comme un grandissant tue-l’amour, Nicky va renouer avec ses plus intimes démons : l’argent et le pouvoir. Nicky est une femme autoritaire, tyrannique, qui aime avoir le contrôle et qui ne peut se rassurer qu’en exerçant le pouvoir, celui de mère à l’égard de tous les enfants Henrickson, de sœur à l’égard de Barb et Margene et d’épouse considérée à l’égard de Bill.
Lorsque la nouvelle entreprise sera mise à flot, Nicky va ainsi retrouver le plaisir du jeu et des gains. Peu à peu plus cupide que jamais, Nicky va commettre l’irréparable : voler l’argent de Juniper Creek, un fait qu’elle regrettera amèrement car sera constitutif d’une source de chantage permanent qu’Alby usera avec habilité.
Cette saison sera pour elle une épreuve aussi difficile que celle vécue par Barb ; lorsqu’elle apprit que son père lui-même dénonça Barb aux autorités, elle réalisa qu’elle est face à un dilemme. Elle ne peut blâmer l’acte de son père sans rompre leur relation et ne peut soutenir Barb et sa famille sans accepter de renoncer à ses proches mormons. Sa mère lui facilitera la tâche : lorsqu’elle comprit que Nicky était derrière la fugue de Rondha, elle la bannira à vie de la communauté. Nicky sera par la suite ravagée par le chagrin et tentera à plusieurs reprises de renouer avec le lien familial.
Bill, plus avide et détestable que jamais
Concernant Bill, ses enjeux personnels sont restés identiques. Avide de succès, de profit et de reconnaissance, Bill tentera le diable : il se vengera de Roman en lui volant le marché du casino. Comme toujours, son irresponsabilité entraînera de bien fâcheuses conséquences. Il s’en sortira par lâcheté, évidemment. J’ignore si le souhait des scénaristes était de le rendre encore plus antipathique mais le pari est réussi, s’il n’y avait pas trois femmes aussi fascinantes, Big Love serait très amoindri par cet étrange personnage et en souffrirait beaucoup.
Pour autant, la storyline « Ana » très attachante, rectifiera pour un temps le tir. Au départ, on ne pouvait que voir d’un mauvais œil le désir de Bill de trouver une quatrième épouse : n’étant même pas fichu de combler les envies de ses trois épouses actuelles, pourtant, très vite, on se prendra d’amitié pour cette jeune serveuse de l’Est et commencera à envisager l’avenir des Henrickson à 5 avec plus de gaieté. C’était sans compter Bill et ses sautes d’humeur : il rompt avec Ana au milieu de saison. Mais l’apparition de cette dernière lors du season finale est annonciatrice de bonnes choses.
Juniper Creek ou l’effrayante mais captivante communauté
Du côté de la communauté, cette saison révolutionna également le système. Après les combines de Bill, les mafieux mexicains s’en sont pris à Roman Grant en essayant de l’assassiner. Cet éventuel départ a fait naître en son fils aîné Alby de bien mauvaises ambitions : devenir le nouveau prophète de Juniper Creek. Echouant à la tentative de meurtre, Alby se contentera alors de dénoncer son père aux autorités pour toutes les malversations qu’il effectua afin de s’assurer du trône de Juniper.
La communauté mormone a eu un effet davantage positif que celui laissé en saison inaugurale. Enfin accommodé de l’étrangeté de l’univers, on commence alors à apprécier vivement le travail scénaristique déployé autour de tout cet univers, grâce à quelques personnalités fortes telles que Loïs, Adaleen et Wanda, les piliers féminins de Juniper Creek et du côté sombre, Alby, Roman ou encore Frank.
Big Love ou une banalisation du mal efficace et virulente
Je n’ai jamais été de ceux qui ont vu en Big Love une première saison mitigée aussi réjouissante que très ennuyante, j’ai été pris de suite par cette série et son univers singulier ; cette famille me fascine férocement et la communauté mormone bien que plutôt malsaine m’intéresse vivement.
Big Love a tout des caractéristiques de la chronique singulière, son ton si juste lui permet de dépeindre des situations aussi romanesques que très réalistes ; Big Love excelle dans ce qu’elle effraie, amuse dans ce qu’elle alimente. Sans jamais juger ni condamner, Big Love dépeint une famille ordinaire affectée d’un héritage fondamentaliste lourd, sans hypocrisie ni faux semblants, elle démontre toute la normalité d’une famille subversive avec une empathie très appréciable.
Barb, Margene et Nicky sont assurément le pilier majeur de Big Love. Complexes, contradictoires mais surtout follement aimantes, ces trois femmes nous offrent une vision différente et singulière de la famille, du mariage et de la polygamie, un mode de vie à la fois contestable, spirituel et traditionnel.
Le puritanisme associé au vice à l’état pur, une articulation encore plus habile
Le postulat de Big Love était bourré d’ambitions et de dangers potentiels mais la saison inaugurale a évité les écueils et a produit une histoire prenante. La seconde saison, elle, a rehaussé le niveau déjà louable et servit plusieurs arcs passionnants, tous aussi bien écris et maîtrisés les uns que les autres.
Grâce à une écriture impeccable et une imagination sans bavure aidée par la mise en scène très HBO, l’aspect général de cette saison aussi réjouissant que captivant s’est ainsi distingué de la première saison, cette saison a dépassé la dimension familiale réalisée par le premier volet et introduit une approche différente, plus ambitieuse et davantage incisive de cette famille polygame ; le mélange du puritanisme teinté de religion au vice et à la transgression que comporte naturellement le mode de vie familial polygame est ici encore plus habile et captivant.
Après ce season finale aussi cataclysmique que le précédent, la troisième saison déjà en tournage nous semble promettre encore plus de revirements, de passions, d’enjeux sur le feu et d’histoires de mœurs revues et recorrigées à la façon singulière d’Olsen et Scheffer.

17:26 Publié dans Big Love, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (15) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : big love, saison 2, critique, review, bilan, hbo
04.02.2008
Secret Diary of a Call Girl - Review Generale - Critique - Saison 1
Secret Diary of a Call Girl is extremely and surprisingly
funny and entertaining
Crée par Lucy Prebble
Diffusion sur ITV2
Series Premiere le 27 septembre 2007
Saison 1 achevée – Saison 2 à venir.
Format 20mn- 8 épisodes
Billie Piper (Doctor Who), Iddo Goldberg, Ahsen Bhatti (New Street Law, Grease Monkeys, Coronation Street), Cherie Lunghi (The Brief, Cutting It)
Show Synopsis
En 2005, une call girl connue sous le nom de Belle de jour publie son journal. Tout au long du livre, Belle restera anonyme. En 2007, l'héroïne prend les traits de Billie Piper à la télévision. L'histoire est centrée sur la belle Hannah. Aux yeux de sa famille, elle est une jeune femme bien sous tous rapports. Mais la nuit venue, elle se transforme en Belle et, prenant les apparats d'une mystérieuse call girl, offre ses charmes au plus offrant. Une double vie pas si facile à entretenir quand on recherche le bonheur...
(source : serieslive.com)
Critique
Secret Diary of a Call Girl est une série britannique sans prétentions, d’une chaîne tout aussi modeste, avec des acteurs que seuls les sériephiles peuvent connaître. Les adaptations d’œuvres littéraires ayant remporté un succès fou en format série, Darkly Dreaming Dexter et suivants de J. Lindsay actuellement ou Sexe & the City de Candace Bushnell il y a maintenant longtemps, transposer en images le récit de Belle de jour, récit subversif et gentiment impertinent d’une call girl moderne apparaissait être le bon filon.
Ce fut effectivement le cas.
Inédit, truculent et non-conformiste
Pour ma part, j’ai d’abord suivi l’expérience de cette call girl avec beaucoup de curiosité. Cette série est passée presque inaperçue sur la toile ; ne bénéficiant que d’une faible couverture médiatique et arrivée en même temps que la résonnante rentrée 2007-2008 américaine, Secret Diary of a Call Girl avait peu de cartes en main. Mais cela était sans compter sur quelques sériephiles assidus et autres britanniques curieux.
Au final, après ces huit épisodes introductifs, susceptibles de résumer la série en deux soirées consécutives, mon jugement frôlerait presque le ton dithyrambique. Ce qui a fait de SDOACG une véritable pépite télévisuelle, c’est avant tout grâce à un propos à la fois impudent, sage et foncièrement anecdotique. A la même manière de Dexter Morgan, Hannah/Belle nous introduit dans son quotidien en nous brodant de longs discours sarcastiques sur sa manière d’être et de fonctionner, son quotidien, ses représentations, sa vie professionnelle/sexuelle. Alors bien que la série soit placée sous le signe -osé- de la vie d’une call girl, la série se caractérise avant tout par un ton sage, retenu voire même assez décent. Le propos se montre ainsi davantage anecdotique que provocant et gratuitement trash, Belle est une call girl qui narre ses aventures, dans les limites de la bienséance et si cela peut représenter pour certains un manque clair d’audace, il faut dire que le ton s’accommode bien du concept-durée de la série et qu’après avoir goûté aux Nip/Tuck, Dirt et autres séries tape à l’œil sans saveur, on n’en est que plus ravis.
Une héroïne crevant l’écran
Secret Diary, c’est donc avant tout la vie de Hannah/Belle, la série repose intégralement sur les épaules de la jeune héroïne, à la fois narratrice et actrice principale voire à certains moments, unique. Heureusement, l’héroïne a su créer un lien direct et amical avec le téléspectateur, elle se raconte en s’adressant directement à lui, ce qui lui permet de bénéficier d’un capital sympathie très important. Hannah se présente avant tout comme une londonienne typique, anonyme, ordinaire, subtile et instruite, elle aime le luxe, l’argent sans négliger la littérature. C’est une femme aux apparences lambda mais qui cache une forte personnalité. Belle, est le personnage crée par Hannah ; c’est une call girl attirante, aimant le luxe et le sexe, honnête et franche, elle sait faire plaisir à son client sans pour autant nuire à son intégrité. Ce qui fait le charme de cette héroïne, outre sa franchise et son sens de la dérision, c’est sa lucidité à l’égard de la prostitution.
Au départ, le nom de Billie Piper n’était pour moi, pas vraiment conciliable avec cette Belle de Jour, il faut en réalité avouer que Billie interprète une Hannah/Belle avec beaucoup d’épaisseur et de crédibilité, et c’est en parti grâce à cette excellente interprétation que la série génère autant d’attrait et de sympathie.
Une série insaisissable, riche et rafraichissante
Ainsi, Secret Diary n’est pas une série à prendre au sérieux, elle est à l’image de son héroïne : inventive, amusante et insaisissable ; loin des propos indécents soutenus par Samantha Jones ou des scènes réelles des couples de Tell Me You Love Me, la série use de la sexualité pour dépeindre les choix personnels d’une jeune femme à l’apparence ordinaire et fait en sorte de banaliser les tabous de la prostitution et ce même si cette Belle de Jour s’adonne à des pratiques qui auraient pu faire l’objet de scandales. La série n’ose véritablement que lorsqu’elle aborde le thème du sadomasochisme, un épisode qui montre très clairement l’enjeu moral de cette pratique sans tomber dans l’indécence écoeurante du SM pur ; c’est sous cet angle que se manifeste tout le travail de la série, un travail à la fois divertissant mais qui n’est pas dénué de psycho-sociologie.
Effectivement, chaque épisode, d’une vingtaine de minute montre en mains, noue avec un thème bien précis, qui relève le plus souvent de la psychologie du personnage principal ou d’un sujet lié à la sexualité en général, et si cela peut effectivement s’apparenter à de la contrainte scénaristique pure et simple pareille à un formula show policier de mauvais goût, il faut accepter le fait que Secret Diary est avant tout une série anecdotique et rafraîchissante qui n’a rien d’autre pour ambition que de divertir le public de Belle. Alors évidemment, force est de constater que la conséquence inhérente de cette contrainte est que certaines storylines manquent d’épaisseur et certains personnages à certains moments, de consistance mais il faut seulement voir en cette série une volonté réelle de scénettes divertissantes qui aboutissent à une conclusion légère, espiègle et qui ne néglige non plus l’aspect humain de son sujet. Ainsi, je ne pense pas que cette absence de fond et d’évolution proprement dite soit réellement un obstacle à l’appréciation de la série, celle-ci ayant posé son schéma narratif et scénaristique dès le début sans jamais le malmener, le spectateur s’en accommode parfaitement et peut suivre allégrement l’évolution de cette escort dans le milieu de la prostitution.
En conclusion, la courte saison inaugurale de Secret Diary of a Call Girl demeure placée sous le signe de l’anecdote, sans jamais choquer ni véritablement oser de manière littérale, la série se contente d’envisager la vie de cette call girl moderne sous un angle foncièrement romanesque ; son propos résolument sage mais non dénué d’un ton raffiné et piquant –personnifié par une étonnante héroïne- lui permet une signature inédite et singulière.

10:21 Publié dans Secret Diary of a CG, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : secret diary of a call girl, itv, billie piper, critique, review, saison 1
26.01.2008
Damages - Review Generale - Critique - Saison 1
Damages is a impressively constructed legal thriller
with the depth and structure of an engrossing novel

Crée par Todd A. Kessler (The Sopranos), Glenn Kessler, Daniel Zelman
Diffusion sur FX
Series Premiere le 24 juillet 2007
Saison 1 achevée – Saison 2 et 3 à venir.
Format 50mn- 13 épisodes
Cast
Glenn Close (The Shield), Rose Byrne (Sunshine, Marie-Antoinette, 28 Weeks Later), Noah Bean (Ed), Tate Donovan (Trinity, The O.C), Ted Danson (Help Me Help You, Becker), Zeljko Ivanek (Oz, Homicide), Peter Facinelli (Enemies, Fastlane, Six Feet Under), Anastasia Griffith
Show Synopsis
Patty Hewes dirige l'un des cabinets d'avocats les plus puissants de New York, "Hewes & Associates". Pour lutter contre le crime, elle sait s'entourer des meilleurs. Elle vient d'ailleurs de recruter une nouvelle et brillante associée, Ellen Parsons. Celle-ci ne s'imagine pas dans quoi elle s'embarque. Elle va devenir la protégée de Patty et de son associé principal, Tom Shayes. A leurs cotés, elle va découvrir l'envers du décor et notamment jusqu'où Patty est prête à aller pour faire plier les dirigeants corrompus. Ellen va t'elle être capable de travailler dans ces conditions et résister à la pression qu'elle doit subir ?
(source : serieslive.com)
Critique
La saison inaugurale de Damages a été la révélation télévisuelle de cet été et de ce début de rentrée car pour un thriller judiciaire à la fois complexe et fluide, elle se hisse aisément à la tête de ses concurrentes et devient le summum du genre. Et lorsqu’on est juriste, friand d’interprétations magistrales de femmes qui ont de la poigne et dépendant aux rouages politico-judiciaires et autres jeux de pouvoir fiévreux, cette sensation de révélation-coup de cœur de l’année n’en est que plus intense.
Une série puissante, jubilatoire, à la hauteur d’une ambition clairement affichée
Il est difficile de résumer les temps forts de Damages tant la série est caractérisée par un ensemble solide, cohérent et indéfectible, se maintenant à terme.
Au départ, la série n’est rien d’autre qu’un bon dossier juridique dans lequel il est à prouver qu’un industriel sans scrupules rendit miséreux plus de cinq cents salariés déjà modestes, une affaire donc, de délit d’initié susceptible de rapporter plusieurs millions de dollars. Mais l’affaire Frobisher est plus complexe qu’il n’y paraît et il n’existe qu’une seule réelle personne qui sache chaque détail du dossier et qui ainsi sache vers où se destiner : Patty Hewes.
Damages, c’est aussi l’arrivée d’une jeune avocate, Ellen Parsons (Rose Byrne au jeu nuancé et épatant), à la carrière prometteuse, embauchée personnellement par Patty et directement mise à contribution sur l’affaire en question. Ellen s’y trouvera par la suite directement impliquée, le pilot s’ouvrant sur la fuite d’une Ellen apeurée et ensanglantée.
Dans Damages, absolument rien n’est laissé au hasard, chaque storyline est établie de telle sorte qu’elle aura une incidence à un moment précis de l’affaire, afin d’aboutir à un seul et unique résultat.
Le postulat initial de Damages était d’une ambition sans nom, les showrunners ayant pris la décision de montrer les prémices de la fin à chaque début d’épisode, on en découvre alors toujours un peu plus sur les dessous entourant le drame d’Ellen Parsons tout en suivant parallèlement l’histoire de l’affaire Frobisher de façon chronologique, ce qui permet alors de s’approcher progressivement de l’arc dramatique d’Ellen Parsons et de mieux l’appréhender. Si la technique était d’emblée difficile, celle-ci en s’incorporant parfaitement à l’esprit de la série a été justement amenée, parfaitement maîtrisée et permit d’aboutir à la réunion des deux trames narratives de manière remarquable et subtile.
La série ayant été construite sur la notion de flashforward, la prétendue maîtrise de l’arc principal ne pouvait être pleinement vérifiée qu’à travers un season finale conclusif du niveau de l’ambition faite par chacun des épisodes précédents. Celui-ci a été effectivement plus qu’à la hauteur de nos attentes, en nous offrant de réelles réponses aux fils narratifs déployés tout au long de la saison et en guise d’avant-gout, se finit même sur un twist final des plus inattendus, un twist nous plongeant dans une excitation et une impatience rarement éprouvées.
Patty Hewes tire les ficelles mieux que quiconque
C’est Patty Hewes herself qui incarne la rigueur inébranlable et le machiavélisme intangible de la série. Glenn Close, dont le talent n’est jamais assez loué, est parfaite dans la peau de Patty, elle l’a fait exister de manière si intense qu’il paraît improbable de ne pas frémir devant ses colères noires à souhait. Patty Hewes s’inscrit effectivement dans les personnages de séries les plus incroyables de l’histoire sérielle, les plus insaisissables, les plus riches et les plus complexes. A l’aide d’un charisme rarement vu sur le petit écran et d’un jeu toujours tonitruant, cette Patty Hewes est l’avocate la plus crainte du milieu, la plus expérimentée et donc la plus perverse. Trust No One, Patty Hewes ne laisse rien au hasard, elle agit de manière réflechie et astucieuse, place ses pions au moment voulu et s’en prend là où la vulnérabilité est à son paroxysme. Elle est un exemple phare des grands avocats qui sont aussi corrompus que les clients qu’ils entendent condamner.

Machiavélisme, ruses, fausses pistes, charisme subjuguant, dissimulations :
un mode d’emploi de génie presque mathématique
Dans Damages, les qualités scénaristiques ne manquent pas, l’interprétation excellente de la galerie de personnages ne fait pas non plus défaut, mais Damages, c’est aussi une cohérence globale rare, une logique répétitive inédite et originale, un propos maîtrisé de A à Z, un visuel contrasté sublime à l’image de la personnalité charismatique de Patty.
Damages, c’est aussi l’intelligence de la mise en scène et de la narration, entraînant ainsi une interaction unique entre les protagonistes et une ambiance dérangeante palpable. C’est aussi un sens unique du suspense et de l’intensité, c’est l’art de la sournoiserie, des fausses pistes, de la dissimulation, de la ruse juridique, c’est enfin une manière singulière du rebondissement et de la surprise inattendue.
Damages n’est rien d’autre qu’un triomphe intellectuel à l’état pur.
Jeux et enjeux de pouvoir :
un schéma narratif bouleversé
Damages n’est pas seulement un thriller noir alambiqué au dénouement surprenant, c’est aussi une sublime représentation des jeux de pouvoir existants entre protagonistes influents et mystérieux, sans cesse entretenus par de nouveaux enjeux politiques et financiers.
Patty Hewes y est dépeinte comme la pièce maîtresse du schéma, celle qui use de manière stratégique les différents pions qu’elle a sa possession et qui n’hésite à faire preuve de fermeté et de menace.
Face à elle, Ellen est une jeune avocate inexpérimentée, innocente et réservée, souvent crédule, on constate tout au long de ces six mois l’évolution professionnelle et psychologique de son personnage qui finit par s’endurcir et jouer ses propres cartes. A l’inverse, ce sont A. Frobisher et R. Fiske, le camp adverse de l’affaire, qui font progressivement preuve d’un humanisme insoupçonné, peu à peu placés dans un rapport de subordination à l’égard de « Hewes et Associates », on comprend alors que les plus pervers ne sont pas forcément ceux que l’on pense être.
Damages, c’est le contre-exemple exquis du manichéisme, une philosophie absurde trop présente dans les séries.
14:06 Publié dans Damages, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : damages, fx, critique, review, saison 1, glenn close, rose byrne
16.01.2008
Heroes - Review - Critique - Volume II

On Strike !
Le volume II « tant attendu » de Heroes s’est enfin achevé sur NBC. La grève des scénaristes et cette totale paralysie provoquée au sein du monde sériel a, sous l’angle d’Heroes, une étrange dimension. Si les réjouissances ne sont décemment pas de rigueur, il faut reconnaître qu’un quelconque soulagement en cas de non-reprise de la série cette année ne serait pas inenvisageable.
Une suite logiquement désastreuse
Cette année, Heroes a en effet connu quelques grandes traversées du désert et de grandes remises en question. Si le milieu de la saison inaugurale faisait déjà l’objet de nombreux doutes et de certaines inquiétudes concernant la qualité du show, ce début de seconde saison a entériné la donne. Détestable, ennuyant, rasoir, soporifique ; voici quelques adjectifs qui ne manquent pas de décrire ce joli retour, désolant, aberrant et consternant sont ceux qui manifestent le manque incroyable de remise en cause de la part de Kring et son équipe de scénaristes.
Rater de manière sensationnelle son season finale était une chose, attaquer un second volume sans réelle réponse, ouvrir le champ à de nouveaux personnages sans intérêt et créer d’énièmes storylines sans cohérence à l’égard des personnages stars du show en est une autre. Ainsi le début de la saison s’est brillamment ouvert à travers le périple d’Hiro au Japon en 1621, la découverte de Peter à Cork en Irlande et la nouvelle vie secrète des Benett en Californie.
Autant le dire tout de suite, les premiers épisodes sont mauvais voire médiocres, le monde extraordinaire des héros ennuie officiellement et ce, fermement. Devant tant de scènes convenues et peu inspirées, on se demande comment il y a maintenant un an, nous étions tombé sous le charme d’un Hiro drôle et pétillant, d’une Claire détonnante et d’un Peter attachant. Un an après, les personnages ne sont qu’une caricature d’eux-mêmes ; frôlant le sur-jeu, les mimiques insipides et les erreurs manifestes d’interprétation, ces quelques personnages clés du show déçoivent et ne comblent vraiment pas les lacunes de la série.
De plus, ce qui agace avant tout, c’est le fait que de nombreuses questions issues de la première saison restent en suspens, aucune ébauche de réponse se semble vouloir être apportée ; de grossières contradictions sont aussi mises en lumière sans aucune gène de la part du showrunner.
Un arc prenant, de nouveaux héros attachants et un mea culpa anecdotique
Après quelques épisodes de lente introduction, difficilement visionnés, la mission d’Hiro conclue, une Claire moins idiote et plus colérique et un Peter de retour, la série s’est peu à peu relevée et a établi plus ou moins subtilement son premier arc tout en attirant l’intérêt. En filigrane, le succès en moins, les critiques acerbes en plus, Kring a été contraint de s’excuser publiquement et de rectifier le tir. Celui-ci n’a peut être pas été véritablement ciblé, il permit cependant de rythmer l’ensemble et de mettre en pause certaines storylines secondaires sans intérêt.
Le virus Shanti et la compagnie ; en voilà un sujet qui pouvait paraître intéressant. Finalement, Tim Kring a décidé de le placer en premier plan et d’introduire un « pire que Sylar » désirant assassiner les pères fondateurs de cette étrange compagnie.
Malheureusement, adepte de la dichotomie Bien-Mal, il est parfois difficile de cerner qui est qui, qui fait quoi et pour quelle cause ? Ouf, on est sur Heroes, contraint de voir ses exigences à la baisse, on tente tant bien que mal de se débrouiller seul. Benett, Maman Petrelli, Bob, Papa Parkman ont fondé il y a trente ans une compagnie secrète ayant pour mission de sauver le monde. On s’en contentera donc.
Grâce à eux, on découvre alors toute une société organisée autour de ces gens extraordinaires. En filigrane, c’est l’occasion de retrouver notre chère Kristen Bell. Bien que méritant mon admiration éternelle pour son rôle de détective futée pendant 64 épisodes de réel plaisir, ici Kristen Bell se la joue pétasse et « daddy issues ». On nous l’avait décrit comme sexy et mystérieuse. On ne trouve qu’un personnage qui manque cruellement de fond, attirant plus la pitié que l’attention masculine. La voir demeure un sacré atout pour Heroes, tout comme l’entendre narrer les histoires futiles des Upper East Siders.
En outre, s’il y avait quelque chose d’agaçant l’an passé était bien l’introduction sans cesse de nouveaux héros dans le paysage du show, une perpétuelle accumulation rendant toujours plus flou le propos de la série ; cette année, faute de réelles qualités procurées par les anciens, les nouveaux visages ont été un véritable atout pour la série ; d’une part par les quelques personnalités inspirées de ces nouveaux caractères, tels le frère et la sœur mexicains, ou Monica et le nouveau milieu familial de Micah et d’autre part, par la découverte de leurs pouvoirs, davantage originaux et recherchés que ceux de leurs confrères bien connus. Parce qu’il est vrai que, pour une série centré sur les héros, consacrer le vol, l’invincibilité, l’arrêt du temps comme pouvoirs principaux, cela manquait franchement de saveur. Cela aurait du mettre la puce à l’oreille.
Une fin haletante, des morts en pagaille, quid de la profondeur de la série ?
Sur Heroes, les storylines ont toujours été traitées à la va-comme-je-te-pousse, ce fall season ne fera donc pas exception.
Cependant, à l’instar du désastreux season finale du premier volume, ce fall season peut se vanter d’une chose que la fin de la saison inaugurale d’Heroes a cruellement manqué : une vraie dynamique. Le virus Shanti est sur le point d’être acquis par l’inoffensif Adam Monroe et son stupide acolyte Peter Petrelli.
En conclusion, si la critique de ce volume est moins acerbe que celle établie à l’occasion du premier, c’est sans l’ombre d’un doute, en raison d’un nombre limité et sage d’épisodes.
Retrouver nos amis les héros manquait cruellement de piment et d’intérêt, la série avait fini par s’essouffler si rapidement qu’un goût désagréable et terriblement frustrant était plus ou moins permanent dès le premier tiers du volume un.
Dans ce second volume, les choses ont pris une tournure inattendue : les histoires ont pris leur temps. Cependant, cette gestion du temps n’a réellement rien permis car de là, rien n’est apparu, à part un ennui mortel. La série s’est ensuite relevé et a fini par balancer quelques épisodes dignes d’un vrai blockbuster douteux. Si la qualité n’est pas une problématique à se poser concernant Heroes, il faut alors se contenter du spectacle, sans s’interroger sur la suite des évènements.
Au final, Heroes est un vrai divertissement, loin d’être palpitant ni passionnant, il sait cependant attirer l’attention en servant quelques épisodes rythmés et sagement menés. Malheureusement, ceux-ci ayant été une fois encore une minorité, ce sentiment d’agonie et de frustration demeure encore.

18:20 Publié dans Heroes, xCritiquesx | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : heroes, saison 2, critique, review, nbc
07.01.2008
Ugly Betty - Review Générale - Critique - Saison 1
It's sweet, touching and deliriously cheerful :
you've never seen anything quite like Ugly Betty !









