15.05.2008

Rome - Review Générale - Critique - Saisons 1&2 [Intégrale]

Après le panégyrique fait à la créatrice de Rome, la chaîne payante HBO, il est grand temps de revenir sur l'une de ses séries qui a marqué le plus ces dernières années.


Rome, c'est le pari fou et irrationnelle de l'ambitieuse HBO, c'est la volonté de toujours marquer plus, frapper plus fort et aller plus loin. Pourtant, Rome ne tombe pas dans la surenchère gratuite sans fond, elle tombe pile dans la catégorie du chef d'oeuvre pur, une oeuvre aussi maîtrisée qu'aboutie.

La saison inaugurale accompagne deux légionnaires de la treizième compagnie de Jules César, Lucius Vorenus et Titus Pullo. Si la série suit de près la vie romaine et ses habitants à travers ces deux hommes, ce n'est qu'un brillant mais tout aussi passionnant prétexte, pour mettre en scène l'ascension de Jules César au pouvoir, l'évolution du régime, et l'assassinat du dictateur par les sénateurs en plein Sénat.

La partie davantage réaliste est un régal total, on se délecte devant la cruauté froide et malsaine d'Atia des Julli, nièce de Jules César et mère d'Octavia et Octave, futur empereur Auguste, on découvre aussi un Jules César à la fois conquérant, guerrier, amant et père symbolique. Derrière lui, on trouve Brutus, son fils -au moins adoptif-, sa mère et maîtresse du tyran, Servilia, soeur de Caton d’Utique, femme pieuse et torturée, capable du pire comme du meilleur, mais aussi Cicéron, l'illustre orateur et sénateur, Marc Antoine, fidèle allié de César et futur partenaire d'Auguste et Pompée, consul de Rome, déchu en Egypte de manière ignoble.

Ces diverses situations relatant des faits historiques sont grandioses, l'enjeu du pouvoir, les ruses politiques, les manipulations humaines, les accords diplomatiques, les trahisons lâches, ce tout paraît à la fois si contemporain et réel que le résultat est tout bonnement fascinant.

Evidemment, Rome coûte cher, très cher, elle est même ce qui s'est fait de plus cher dans le genre série. Pour pallier cette lacune, la suprématie de Jules César ne devait dépasser le stade de la saison inaugurale. Rome s'est alors efforcé de résumer, dire l'important, ne retenir que le plus marquant : batailles, fuites, alliances, idylles égyptiennes, il ne fallait rien oublier. Si effectivement le recours à l'ellipse et au raccourci historique était inévitable, le téléspectateur n'en est pas pour autant déconcerté, car Rome, c'est surtout une série parfaitement écrite, parfaitement maîtrisé, qui tient parfaitement bien la route.

Qualités scénaristiques indicibles à l'appui, Rome, c'est aussi le destin de deux hommes qui bien qu'existants à l'époque, ont vu enjoliver autour eux toute une vie et un décor romains. Alors que la partie réelle de Rome est spectaculaire, la partie fictive, elle, est -au moins- à sa majestueuse hauteur.

Lucius et Titus sont deux guerriers romains, aussi costauds et combatifs l'un que l'autre, ces deux là sont d'une complémentarité inouïe. Dans cette saison première, Lucius et Titus rentrent à Rome. Le premier y retrouve sa femme, Niobe, et ses deux filles, Vorena. Ce qu'il ignore, c'est que sa femme a eu un amant, le mari de sa soeur, et des deux, est né, Lucius. Si l'enfant semble pour lui de toute évidence être celui de sa fille aîné, les tensions dans la famille seront dans la saison très palpables. Cette storyline sera l'un des arcs principaux de ladite saison et finira par s'enchevêtrer, et de manière parfaite, à la scène finale de la saison, l'assassinat de César par les douze sénateurs. Rome, c'est aussi ça, c'est l'art de manier le réel et le fictif pour créer une seule et sublime histoire, qui plus est, totalement crédible.

Titus, quant à lui, sera l'ami fidèle de Lucius tout au long de la saison. Il se liera également d'amitié avec le jeune Octave, futur Auguste, et lui apprendra l'art de la guerre mais aussi de l'amour. Lui aussi finira par céder aux charmes d'une jeune esclave, Eirene.

Si ces histoires fictives apportent un plus captivant au récit de Rome, c'est aussi parce qu'elles permettent un regard sur la cité romaine, regard qui n'aurait pas été si juste s'il provenait des hauts dirigeants romains. Ainsi, on découvre une cité antique sublime et répugnante, des décors aussi colorées que grisâtres, des lieux aussi fascinants qu'écoeurants, une vie romaine à la fois intelligente et bestiale, et des pratiques quotidiennes ignobles, meurtre, inceste, pédophilie, esclavage, vol, gang, prostitution, tout est resté fidèle à la vie romaine, sans non plus être trop visible. C'est avant tout ça la première réussite de Rome.

 


Dans l'ultime saison, Marc-Antoine succède au défunt Jules César dans la direction des affaires de la cité. De connivence certaine avec Atia, Marc-Antoine doit pourtant gérer Octave, devenu fils adoptif de César, reconnu par testament. La nouvelle richesse d'Octave, le désir de venger ce père sentimental, notamment contre Brutus, l'envie de succès et de plébiscite populaire ont fait consommer la rupture entre lui, Marc Antoine et Brutus. A chacune des batailles livrées contre lesdits hommes, Octave gagne. Mais sous le doux conseil de sa mère, il s'allie cependant avec Marc-Antoine -ayant lui les faveurs du Sénat- pour le contrôle de Rome.

Pourtant, le triumvirat -Marc Antoine, Octave, Lépide- fonctionne mal, Marc Antoine est avide d'argent, de territoires et de pouvoir, Octave est strict, modéré et de bonnes moeurs. Avant même que l'alliance n'éclate, Marc-Antoine partit se réfugier en Egypte et retrouva celle qui sera sa sauvage amante et qui deviendra mère de deux de ses enfants : Cléopâtre. Sous l'assise manifeste de Cléopâtre, Marc Antoine déclara la guerre à Octave et à Rome. Le peuple pourtant en sa faveur se retourna contre lui et soutint Octave. Après maintes batailles vaincues par le jeune homme, Octave retrouva Marc-Antoine et Cléopâtre dans leur palais, et devant le cadavre de l'ancien tyran, il regarda la reine d'Egypte se suicider. Naquît ainsi -au series finale- le premier empereur romain de l'Histoire, l'empereur Auguste.

Dans la partie fictive, on retrouve un Lucius plus dévoré par la colère que jamais. Ayant appris la vérité pour Niobe et l'enfant, il assista  au suicide de sa femme et enragé, en vint à maudire ses enfants. Il repartit alors dans la légion de Marc-Antoine.
Grâce à l'amitié de Titus, il retrouva plus tard ses enfants devenus esclaves, et haineux à l'égard de leur père. De nouveau à Rome, Lucius et Titus ont désormais le contrôle de l'Aventin. Entre gangs tueurs avides de pouvoir et prostitution affichée, le décor autour des deux hommes est résolument plus sombre que dans la saison précédente mais offre un regard réaliste de la vie romaine.

Comme dans la première saison, les deux histoires se rejoignent harmonieusement en conclusion. Titus et Lucius récupèrent Caesarion, fils supposé de César après l'arrivée d'Octave.

Si cette saison est plus noircie que la première, elle est du côté de la partie réaliste, aussi haletante et même aussi beaucoup plus amusante. Rome n'étant pas qu'un drama soigné d'HBO, c'est aussi une oeuvre capable d'auto dérision, notamment à travers les Julii et Atia, personnage charismatique de Rome. Les joutes verbales d'Atia et celles d'Octavia valent vraiment le détour et l'épisode où elles se rendent en Egypte, plus encore.

Le series finale fut aussi parfait que tout le reste, aussi abouti et bien construit que ces vingt et un autres chapitres. Si Rome est une série exemplaire, ce n'est pas forcément dû au sujet initial. Si celui était de prime abord plutôt alléchant, il prend tout son sens à travers l'incommensurable travail des scénaristes, réalisateurs et comédiens de grand talent qui ont maîtrisé leur sujet à la perfection, offrant deux saisons identiques en qualité, en singularité, en intensité et en générosité.

17.11.2007

Side Order of Life - Critique - Review - Saison 1

“This warm and fuzzy show could grow on you”

Crée par Margaret Nagle
Diffusion sur
Lifetime
Series Premiere
15 juillet 2007
Saison 1 achevé
Format 42mn-
13 épisodes

Cast
Marisa Coughlan (Boston Legal), Jason Priestley (Beverly Hills, 90210, Tru Calling, Love Monkey), Diana-Maria Riva (The West Wing, Studio 60, The Loop), Christopher Gartin.

Show Synopsis
Avec un emploi de photographe pour un magazine, un fiancé de rêve et une meilleure amie fidèle, Jenny McIntyre pense être sur la bonne voie pour se construire une vie heureuse. Une série d'événements l'amènent cependant à se remettre en question et à revoir ses priorités.

Critique
Alors que « State of Mind » aux allures plus alléchantes, déçoit sévèrement, l’autre série estivale de Lifetime, Side Order of Life a su rehausser le niveau en en proposant une histoire simple et touchante, à la fois amusante et légere, grave et émouvante.

Pourtant, ce n’est pas au vu du synopsis, plutôt classique et quelconque que l’enthousiasme pouvait être de rigueur. Heureusement,  ladite nouvelle série a su faire taire les préjugés cruels de sériephiles.

Jenny a tout pour être heureuse, talent, réussite, amour, amitiés, ses problèmes existentiels ne sont que frivolités et elle en est forte consciente. C’est avant tout sur un ton léger et joyeux que la série débute : Jenny dans sa vie parfaite de tous les jours.
Il est vrai que sans le tournant dramatique, que l’on pouvait sentir émerger plus ou moins subtilement, Side Order of Life se présentait comme une série facile, aussi sympathique qu’insignifiante, à visionner d’un œil distrait.

Mais Side Order of Life bénéficie de quelques atouts. Son casting féminin tout d’abord, la pétillante protagoniste et sa délurée de meilleure amie, offrent un jeu successivement cocasse et touchant. L’annonce du cancer de Vivy, la fameuse meilleure amie, fait l’effet du bombe dans la vie de Jenny.  Remettant peu à peu en question son existence et son bonheur, elle comprend rapidement que son mode de vie ne lui convient pas tant que ça, que son parfait fiancé n’est peut-être pas l’élu, que son métier n’est peut-être pas si ambitieux, et que ses envies, entre autres d’écriture et de photographie, ont besoin d’être concrétisées, elle réalise qu’elle a besoin de davantage, de plus intense et de différent.

La série est également aidée par le mélange comédie-drama, mélange que la série a su parfaitement mettre en œuvre. La série semble également emprunter un style pittoresque et imagé, notamment à travers les illuminations de Jenny, lui servant de guide pour sa nouvelle vie à venir. Et si la série demeure foncièrement classique, usant de procédés scénaristiques simples voire habituels dans ce genre de séries, ce ton métaphorique original lui permet une légère distinction.

L’aspect général s’avère par conséquent assez sympathique, bien que trop centré sur l’héroïne, la série pourrait s’améliorer en approfondissant certains personnages comme Vivy, au potentiel indéniable ou en développant la storyline « Jenny et le mystérieux homme  du téléphone », storyline qui présente un intérêt supplémentaire non négligeable.

La série demeure une bonne surprise.

 

10.11.2007

The Comeback- Review Générale - Critique - Saison Unique

 

Crée par Lisa Kudrow et Patrick Michael King (Sex & The City)
Diffusion sur
HBO

Series Premiere 5 juin 2005 – Series Finale 4 septembre 2005
Série annulée (1 saison).
Format 30mn- 13 épisodes

Cast

Lisa Kudrow (Friends), Damian Young, Robert Michael Morris (Brothers & Sisters, Will & Grace, Arrested Development, How I met your mother), Malin Akerman (Entourage), Laura Silverman (The King of Queens, The Sarah Silverman Program), Robert Bagnell et Lance Barber (Gilmore Girls)

Show Synopsis

Ex-vedette d'une célèbre sitcom des années 90, intitulée « I’m It », Valerie Cherish espère renouer avec le succès. Elle accepte d'être suivie par des caméras pour une émission de télé-réalité « The Comeback » à travers laquelle le public pourra découvrir la comédienne au quotidien, que ce soit chez elle ou dans sa nouvelle série « Room and Bored ». Lorsqu’elle apprend qu’elle jouera le rôle d’une tante déjantée et peu glamour, Valérie tente tant bien que mal de garder la tête haute. L’émission « The Comeback », elle, montrera cruellement le contraire.

Critique

L’arrivée de The Comeback était signe de grands espoirs pour l’amateur de séries. Produite non seulement par Mr Sex & The City, sur la chaîne la plus réputée du paysage audiovisuel américain, la chaîne à péage HBO, jouée principalement par, n’ayons pas peur des mots, le Friend le plus talentueux de la série phare : Lisa Kudrow, le potentiel de la série était donc indicible.

Pourtant, malgré de bonnes critiques, The Comeback n’a pas dépassé le cap de la saison 1.  
La sévérité d’HBO, surtout en matière de comédies, le caractère novateur du show, que l’on retrouve aujourd’hui dans le brillant The Office et qui présente chaque épisode sous un angle documentaire, filmant les personnages de manière instable et réaliste, des audiences qui ne dépassent pas le correct, tout cela ajouté au monde impitoyable des séries, ont contribué à l’arrêt prématuré du show The Comeback.

13 épisodes étant suffisants pour juger de la réelle qualité d’une série, on peut décemment affirmer que The Comeback est une série culte, audacieuse, novatrice et inspirée grâce au jeu de maître de la grande Lisa Kudrow.

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L’atout majeur voire unique, mais suffisant, de The Comeback est Lisa Kudrow qui tombe juste dans l’interprétation de cette actrice de sitcom un peu oubliée qui tente de repercer après quelques années d’absence et qui se voile la face sur son improbable seconde réussite. La nouvelle génération, et notamment des actrices écervelées à peine majeures lui ont volé la vedette,  Valerie devra alors se contenter d’un second rôle et d’un personnage vieux jeu et aigri "Aunt Sassy". Mais Valerie est forte et ambitieuse, d’un courage sans égal, elle ne se démoralise pas, en acceptant un rôle ingrat et physiquement peu flatteur (le fameux jogging rose pastel) et poursuit sans relâche son travail d’actrice, plutôt bon il faut le dire.

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Malheureusement, c’est l’émission de real tv « The Comeback » organisée autour de Valerie et de sa nouvelle série « Room and Bored », qui décrédibilisera l’actrice. Essayant à tout prix de garder la tête haute devant la caméra du matin jusqu’au soir, jouant l’actrice experte et expérimentée, les coups durs humiliants de Valerie, le dédain de l’équipe de production et de la chaîne à son égard, l’hostilité qu’elle suscite chez les scénaristes, le rejet de chacune de ses propositions, son rôle dégradant et l’indifférence générale démontrent une actrice en déperdition, peu prise en compte, peu écoutée et finalement totalement négligée.

Ainsi, alors que l’on s’amuse initialement des frasques de cette actrice sans cesse enjouée et enthousiaste, on en vient à avoir de la peine pour ce personnage avant tout profondément humain et son envie de bien-faire et à compatir sur son sort, un tantinet mauvais. Une compassion toujours plus forte,  The Comeback n’hésitant pas en effet à jouer la carte de la cruauté, ridiculisant chaque épisode un peu plus cette pauvre Valerie Cherish, ce qui d’ailleurs, il faut le souligner, frôle parfois avec le dérangeant.

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Valerie n’est pourtant pas qu’une actrice ratée, avide de succès et de reconnaissance, Valerie Cherish est avant tout une actrice humaine et passionnée, qui souhaite avant tout renouer avec le succès d’hier et s’entourer d’une équipe unie et soudée, à l’image de sa seule réussite, I’m It, qu’elle éleva en piédestal. C’est ce qui la rend profondément aimable.

Contre tous, Valerie peut néanmoins compter sur le soutien de ses quelques proches : son compagnon, Mark, tendrement surnommé Marky-Mark, un homme d’affaire serviable qui accepte la présence permanente des caméras sans trop rechigner et qui se montre toujours disponible pour écouter Valerie et assister à l’enregistrement de ses shows,  l’actrice principale de la sitcom également, qui bien que totalement superficielle et idiote, voue à Valerie une tendre admiration de jeunesse, qui permet ainsi à cette dernière de se sentir parfois existé au sein du plateau et pour finir, the last but not least le fidèle coiffeur de Valerie, un homosexuel sexagenaire extraverti un brin dépassé mais qui admire Valerie pour sa carrière et sa personnalité. 

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Cette cruauté et cet acharnement parfois risible, parfois désolant permet avant tout une vision à la fois juste et satirique sur le monde du show business et notamment de la real tv vue comme opportuniste, détestée et détestable et sur le traitement, ô combien avilissant des acteurs jugés finis. Dans The Comeback abordant l’air de rien la propre histoire de cette Friend reconnue, Lisa Kudrow règne en maître, et nous confirme son talent incommensurable d’actrice de comédie.

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24.10.2007

John From Cincinnati – Review – Critique – Saison 1 [Intégrale]

"John From Cincinnati might be the strangest show ever produced

for American television."

Crée par David Milch (Deadwood, Brooklyn South, NYPD Blue) et Kem Nunn
Diffusion sur
HBO
Series Premiere
10 juin 2007
Saison 1 achevé - Série annulée
Format 50mn-
12 épisodes

Cast
Bruce Greenwood (Class of the Titans, Capote), Rebecca de Mornay (ER, Identity), Brian Van Holt (Threshold), Luke Perry (Beverly Hills 90210, Windfalls, Jeremiah, Oz), Ed O’Neill (The West Wing, Dragnet, Big Apple, Married With Children), Keala Kennelly, Emily Rose, Matt Winston (Six Feet Under, Teachers, Enterprise) et Austin Nichols (Surface, Pasadena, Six Feet Under)

Show Synopsis
La famille Yost est une famille très connue en Californie : de père en fils, chaque Yost est devenu un surfeur de talent. Mitch, le patriarche, était la star incontestée du surf avant qu’il ne se casse le genou. Butchie, son fils, également très talentueux, a préféré une autre addiction. Shaun, le jeune espoir, est tiraillé encore ses pères refusant en bloc son entrée dans le monde impitoyable du surf et sa grand-mère, sa première supportrice. La famille Yost va être chamboulée lorsqu’elle verra arriver un homme étrange et énigmatique : John Monad de Cincinnati.

Critique

Je crois n’avoir jamais été aussi perplexe devant le début d’une série que devant les premiers épisodes de John from Cincinnati. Pas de sentiment de grande découverte qui pourrait charmer et envoûter le plus impitoyable des sériephiles, pas vraiment de répulsion ni d’hostilité à l’égard de l’histoire, et ce bien que le surf ne soit pas vraiment l’un de mes sujets de prédilection, pas vraiment non plus d’antipathie pour ces premiers épisodes, mais pas non plus de grandes affinités.

John from Cincinnati est probablement la série OVNIesque de l’année, renouant ainsi avec le passé d’HBO et son florilège de séries singulières et farfelues. Une dose de sport, un thème familial classique, un soupçon de surnaturel et de mystique et au final, une belle ambiance intrigante à souhait. Nul doute, il y a bien la chaîne à péage américaine de renom derrière tout ça.

Ce qui étonne au prime abord dans John from Cincinnati, ce sont ses dialogues chargés à bloc en fuck et synonymes et qui ne sont pas moins poétiques et touchants pour autant. Et pour cause : il y a une vraie alchimie entre les personnages : les Yost en sans cesse interaction les uns aux autres, bien qu’en perpétuel désaccord, un désaccord manifesté par le fucking patois ou l’art de décliner le mot fuck dans tous les sens inimaginables.

Mitch, le patriarche, était la star incontestée du surf, c’était sa passion, sa vie, son temps. Après un accident au genou plus que sérieux, Mitch fut contraint d’arrêter sa carrière et redevint l’amateur plus ou moins anonyme d’antan.
Son fils, très jeune reprit le flambeau, ce qui ne déplut pas à son père. Malheureusement pour lui et sa femme Cissy, Butchie Yost rencontra dans le milieu des gens mal intentionnés et dériva en toxico paumé.
Son petit- fils, Shaunie, est aujourd’hui adolescent, fasciné par l’expérience de ses aînés, il surfa très vite et s’avère aujourd’hui comme les des plus grands espoirs de sa génération. Evidemment, Mitch et Butchie, bien qu’en confrontation permanente, voient d’un mauvais œil l’arrivée de Shaunie dans le milieu cruel du surf. C’est avec l’aide de sa grand-mère, une femme forte, aimante et très impétueuse, que Shaunie tente de percer et de se faire remarquer aux contests régionaux.

Dès la première minute du pilot, l’énigmatique John Monad fait son arrivée à Imperial Beach et rencontre le junky Butchie. John semble de toute évidence connaître Mitch Yost de réputation et semble déterminé à le rencontrer.
D’un caractère plus ou moins autiste et attardé, John est difficilement cernable et c’est là que réside l’intérêt majeur de la série. D’un vocabulaire assez limité, se concentrant sur ses formules toutes faites "The end is near", "It doesn’t ring a bell" transformés par la suite en « I don’t know Butchie instead », "I got my eyes on YOU", John se montre très innocent et pas vraiment cohérent. Pourtant, on comprend rapidement que John détient un don, un pouvoir, une aptitude, un quelque chose d'unique plus ou moins surnaturel.

Tout d’abord, il se lie d’amitié avec le jeune Shaun, bizarrement, les deux garçons ne vont pas beaucoup échanger mais vont montrer une réelle connivence, notamment en mimant les mêmes gestes et attitudes. Mais John va surtout être proche de Butchie, de Kaï puis de Cass.
Butchie profite surtout de la richesse de John qui sans le savoir, possède dans sa poche un portefeuille bien rempli, une carte illimitée ainsi qu’un mobile. Avec lui, Butchie se rend compte que quelque chose de différent s’établit, il se sent davantage modéré et ne ressent plus sa dépendance au crack. Avec Kai, John est plus intimidé. Il voudrait coucher avec elle, mais ne sait pas ce que « boning » signifie. Un soir, en lui disant « See God, Kaï », Kaî sera prix de vertige, aura certaines hallucinations et ressentira une grande chaleur au niveau de ses piercings, une sensation que partagera également Butchie et ses implants et Cass et ses prémonitions.

Cela semble certain, John est particulier, et connaît des pouvoirs insoupçonnés. Et il y a sûrement plus qu’une coïncidence entre la lévitation de Mitch, le tremblement de terre, la résurrection de Zip puis de Shaun et l’arrivée de ce John Monad. J’ai conscience que cela ne constitue que du détail pur, mais il était difficilement concevable que de parler de l’étrangeté de John et accessoirement de la série sans évoquer certains éléments secondaires et fantasques de la série.

Il y a un côté assurément Twin Peaks dans John from Cincinnati, le mélange subtil du banal ordinaire à l’étrange paranormal y est pour beaucoup. Une caractéristique que l’on ressent surtout dès le second épisode « His Visit : Day Two » lorsque Shaunie se casse le cou en surfant et se retrouve en état de mort cérébrale. Un brin choqué, et surpris du tournant inattendu de la série, on comprend rapidement qu’il est peu probable que l’un des personnages principaux décède si vite et que John aura certainement un rôle dans l’affaire.
Un Shaun qui revit, reparle, réagit comme si rien ne s’était passé ou l’épisode « His Visit :Day Two Continued » -le meilleur à ce jour pour moi-  continue un peu plus dans l’étrange. Après une scène parfaite dans laquelle la famille Yost s’enfuit de l’hôpital sous l’air tonitruant de Time To Say Goodbye de Sarah Brightman, c’est au tour du nouveau propriétaire, de Freddie et de Vitenam Joe d’être en proie à des hallucinations.

Dans John from Cincinnati, la distribution est très riche et comme dans toutes grandes séries, les rôles secondaires abondent et contribuent à la qualité et à la complexité d’une histoire. Outre la grande mère Cissy que je trouve fascinante, c’est avant tout Bill -second père de Shaun- qui se démarque des autres, notamment par sa volonté de protéger celui qu’il considére un peu comme son autre oiseau sans défense, par sa complexité aussi, complexité manifeste lors de ses dialogues avec ses oiseaux.
Les couples Freddie-Palaka un peu comparable au duo Butchie -le rebelle au gentil fond- et John -le différent- et Ramon-Meyer-Barry, -concierge dévoué, avocat craintif et propriétaire homosexuel, traumatisé, un tantinet cinglé- sont également non négligeables et apportent une touche d’humour assez second degré sympathique.

 524934b0576050c87ade8b52664d9723.jpgEn conclusion, John from Cincinnati est une série emblématique d’HBO, intriguante et excentrique à la fois, qui pique notre curiosité par son aspect mystique et irrationnel personnifié par le nomade et mystérieux John Monad (remarquez l’anagramme). Bien que le tout puisse rendre à certains moments plus que perplexe, la série John from Cincinnati peut se vanter d’avoir à l’heure actuelle une empreinte bien à elle, un ton singulier plutôt plaisant et une qualité constante et générale indéniable.
De plus, malgré sa précoce annulation plutôt injuste pour une série de cet acabit, David Milch-Kem Nunn étant les créateurs du show, on osait ainsi espérer que John from Cincinnati savait où il allait, qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il maitrisait chacun de ses aspects fantasques et qu’il apporterait maintes réponses aux questions déjà nombreuses que l’on se pose. Encore une déception dans ce monde sériel si prometteur.

 

 

 

 

 

Pour finir, une vidéo promo qui résume assez bien les points principaux de la série.

Et dans ce monde avide de succès dans lequel les génériques négligés n’ont plus la moindre existence, voilà celui de John from Cincinnati. D’une minute trente, s’il vous plait.

 

03.10.2007

Cape Wrath/Meadowlands – Review – Critique – Saison 1 (Intégrale)

”Relentlessly odd as Meadowlands can be, don't be surprised if it seduces you”

Crée par Matthew Alridge et Robert Murphy
Diffusion sur
Channel 4/Showtime
Series Premiere
10 juillet 2007
Saison 1 en cours
Format 50mn-
8 épisodes

Cast
David Morrissey (State of Play, Blackpool), Lucy Cohu (Sweet Medicine, The Bill), Felicity Jones (The Worst Witch), Harry Treadaway (Afterlife), Tristan Gemmill (Strictly Confidential), Emma Davies, Sian Brooke, Ella Smith.

Show Synopsis
A la suite d’un incident criminel, la famille Brogan est prise en charge par le programme de protection des témoins. La famille est ainsi placée dans la ville la plus sécurisée qui soit : Meadowlands.

Critique
Après le très médiocre Flights of the Conchords et le cliché Starter Wife, passés directement à la trappe, l’intriguant John from Cincinnati et le palpitant Jekyll, c’est définitivement la nouvelle série estivale Cape Wrath (a.k.a Meadowlands pour Showtime) qui a retenu le plus mon attention.

Co-production entre la chaîne britannique Channel 4 et la chaîne à péage américaine Showtime, Cape Wrath est classée série britannique. L’accent british de chacun des acteurs ne trompe pas, je dois avouer qu’au beau milieu de toute cette collection américaine, Cape Wrath est d’abord un plaisir auditif pur et me donne envie de découvrir davantage ce qui a longtemps été une véritable allergie pour moi : les séries britanniques. Gouverné par les a priori et les idées reçus vides de sens strictement contraires à l’éthique du sériephile, j’espère rapidement une réhabilitation.

A la suite des premiers épisodes, on ressort de la série secoué, véritablement ébranlé. Au vu du pitch laissant penser à un quelque chose entre The Riches et Weeds, Cape Wrath n’a pourtant rien de la comédie osée et satyrique et se situe davantage entre Twin Peaks et le Prisonnier. Il faut dire que l’atmosphère qui y règne et qui nous absorbe très rapidement est particulièrement pesante et singulière. Alors que John from Cincinnati fut comparé plusieurs fois à un sous Twin Peaks de par son ambiance relativement étrange, on est pourtant loin de la ressemblance entre le grand Twin Peaks, le culte Prisonnier et le nouveau Cape Wrath.

L’étrange au quotidien, formule de Générique(s) il y a deux mois, illustrant les séries étranges telles que Carnivàle et Twin Peaks, est une idée que l’on retrouve facilement dans cette ville inquiétante qu’est Meadowlands.
Atmosphère dense et inhabituelle, plans froids esthétiquement  soignés, personnages intrigants aux airs dangereux, climat angoissant et paranoïaque, impeccablement représenté par un décor grisâtre marqué çà et là par quelques points vif éblouissants voire inquiétants. Plaisir de l’œil, malgré une réalisation moins aboutie plus complaisante que celle signée par Mark Frost et  David Lynch, Cape Wrath a de ce côté rempli aisément son contrat.

 

Pour le reste, Cape Wrath s’avère louable. L’histoire a des faux airs de The Riches. Pour cause, une famille décide de changer de vie, de fuir leur passé et de vivre sous une identité qui n’est pas la leur. Et si le couple de voyageurs ne semble pas correspondre à cette famille anglaise, on trouve néamoins quelques similitudes entre le courageux Danny et le rusé Wayne, l’esseulée Evelyn la sensible Dahlia et même entre les deux ainées, à la fois matures et fragiles, Deedee et Zoe.

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Mais la différence entre The Riches et Cape Wrath, c’est évidemment l’indéniable ton comique que l’on ne retrouve dans le show britannique et qui est plus ou moins présent dans The Riches sans en faire de lui une véritable comédie.
De plus, alors que la famille Malloy décide de leur plein gré ce nouveau et dangereux choix de vie en devenant les Rich, à Meadowlands tout s’établit autour du programme de protection des témoins, un indice supplémentaire qui prouve la particularité de son univers. Même si à Edenfalls, les voisins ne sont pas de dangereux criminels, de malheureuses victimes ou des témoins plus ou moins malchanceux, l’image de Meadowlands fut cependant utilisée à certaines reprises, notamment en fin de saison, lorsque la voisine Nina pense que Dahlia/Cherien et sa famille font parti du fameux programme. C’était pour l’anecdote.

Comparable aux cultes étranges et à l’un de mes favoris de l’année : The Riches, Cape Wrath a officiellement tout pour plaire.
Cependant, après le pilot, la série prend un tournant assez inattendu et décide de passer à l’action.  D’une approche moins subtile que l’étrangeté de Twin Peaks, la bizarrerie de Cape Wrath vire au gore, au malsain, à cet univers à la fois inquiétant et terriblement glauque. Les personnages décident de montrer qui ils sont.

Le fils de la famille en premier, Mark Brogan. Traumatisé par l’incident, dommages corporels permanents, Mark s’est réfugié dans le plus complet des mutismes et s’amuse à jouer les voyeurs à la fois pervers et androgyne. Vouant une admiration culte à sa sœur jumelle, il cultive la ressemblance jusqu’à en devenir son double. Totalement inoffensive, on est néanmoins loin du portrait attendrissant du gentil garçon aux manières efféminées, à l’instar du jeune Sammy Malloy.

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En seconde place sur le podium, la voisine de la famille Brogan, une femme très perturbée, admirant sa fille toute aussi étrange, Jezebel, et qui s’avère masochiste et exhibitionniste. Elle créa d’ailleurs un lien très douteux avec le fils Brogan. A ex aequo, le flic de Meadowlands, un protégé lui aussi, particulièrement violent et impitoyable, il règle ses comptes à coup de dent arraché et de crampons dans la tempe.

8857820c9adc659f2df8c64a3374bede.jpgCelui qui remporte le prix du personnage le plus dérangeant et dérangé est incontestablement Jack all trade Donnelly. Dès le second épisode, on apprend son secret : à 14 ans, il kidnappe une jeune femme et lui inflige une semaine de souffrances avant de l’assassiner. Si Zoe, la jeune téméraire, est la seule à véritablement le cerner et à tenter de le maîtriser, Jack se présente comme un animal sauvage, aux instincts incontrôlables.  On comprend peu à peu que c’est le regard apeuré des autres qui lui procure son agressivité. Son remède ? La soumise femme du médecin de Meadowlands, David, très étrange elle aussi qui n’hésite pas à le satisfaire sexuellement dès que bon lui semble. Le paroxysme du très malsain est en fin dudit épisode lorsqu’il tente bestialement de violer Mark et qu’il se fait étranglé tout aussi sauvagement par Danny.

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Parce que tous les personnages semblent tous détenir un secret intrigant, Danny et nous comprenons vite que la ville entière est sous la coupe du programme de protection des témoins. C’est donc une multitude de gens mystérieux que l’on voit sous nos yeux, jouant les uns avec les autres ; méfiance, jalousie, paranoïa, suspicions, excès de colère ; tout y est à Meadowlands.
En conclusion, Cape Wrath est une série singulière, servie par des acteurs de talent, en tête, Felicity Jones, David Morrissey et Lucy Cohu –purement subjectif. Cape Wrath bénéficie d’une atmosphère impeccablement soignée qui fait d’elle une série très prenante, très accrocheuse mais aussi plutôt terrifiante et dont l’histoire mystérieuse à souhait, captive plus qu’on ne pouvait le penser. A l'annonce de l'annulation de la série, une impression de frustration demeure, le season finale se terminant sur un joli cliffhanger. Demeure néanmoins huit épisodes sympathiques, qui s'efforcent de démystifier les secrets de Meadowlands et de ses habitants.

 

 

Un aperçu ?

01.10.2007

Studio 60 on the Sunset Strip - Review Générale - Critique - Saison 1 [Intégrale]

Studio 60 - It's easily one of the best new shows of the season.

Crée par Aaron Sorkin (The West Wing)
Diffusion sur
NBC
Series Premiere
18 Septembre 2006
Saison 1 en hiatus.

Format 42mn-
22 épisodes

Cast
Matthew Perry (Friends), Bradley Whitford (The West Wing), Amanda Peet (Jack & Jill), Sarah Paulson (Deadwood, Down With Love), Nathan Corddry, DL Hughley, Timothy Busfield (The West Wing), Lucy Davis.

Show Synopsis
En direct de NBS, on est Vendredi soir. Le Studio 60 on the Sunset Strip est à l’antenne. Le producteur de l’émission après un conflit avec le directeur de la chaîne pète un plomb et enchaîne un monologue en direct sur l’Amérique, la télé et Bush. Au même moment, Jordan Mcdeeree porte un toast pour son nouveau travail : présidente de NBS, section Divertissements. Au même moment, Matt et Danny recoivent un Writers Guild Awards pour leur travail. Après la démission forcée de Wes, le premier choix de Jordan est d’embaucher Matt et Danny, anciens scénaristes du Studio 60, parti faire carrière au cinéma.

 

Critique
Studio 60 on the Sunset Strip était incontestablement l’une des séries les plus intelligentes de l’année, il faudra faire un classement à l’occasion. Et comme pour beaucoup de séries de qualité, Studio 60 ne dépassa évidemment pas le cap de la saison 1.

Après les coulisses de la Maison Blanche , Aaron Sorkin s’est attaqué à celles d’un plateau télé pareil à celui du Saturday Night Live, en un peu moins populaire, peut-être. Il faut dire que ce fut tout aussi jubilatoire. L’ambiance de la série était incroyablement envoûtante, chaque épisode est doté d’une particularité, souvent basée sur les risques et déboires du monde de la télé.

Il est rare d’apprécier l’ensemble du cast d’un show, il y a toujours un Isaiah Washington ou une Teri Hatcher qui rode quelque part. Ici, les personnages principaux sont tous adorables. En tête, Harriett, Matt, Jordan et Lucy pour sa voix très accentuée british. Certaines de ses personnalités sont uniques, avouons qu’une comédienne à l’humour notoire pourtant très chrétienne ou une présidente de chaîne sarcastique, drôle et stigmatisant la presse et accessoirement son patron, c’est très loin du cliché que l’on peut se faire du monde télévisuel.

Le point fort de la série était sans nul doute les dialogues, d’une pertinence sans nom. Les répliques sont accrocheuses, vives et rapides, bourrées de références télévisuelles et cinématographiques, la plupart américaines, la plupart critiquant le modèle américain ou l’Eglise, ou les américains moyens type texan ou les juifs ou les gays ou les afghans... Le non parti pris de la série était objectivement admirable et malheureusement, pour les mauvaises langues du début, qui clamait la condescendance du Studio Sixty, s’est légèrement effondré en fin de saison lorsque le showrunner décida du tout au tout de parler de la guerre en Irak, d’une manière aussi subtile et spirituelle qu’un soap-opera à effet lacrymale. Aaron Sorkin connaît certains travers, il était bien dommage de les constater après seulement 18 épisodes.

Mais quand d’autres trouveront cette série prétentieuse, certains comme moi relèveront quand même -au final- l’intelligence de la série, sa solidité, et son grand enthousiasme. Quand d’autres trouveront inutile de montrer parfois certains sketches sur Studio 60 même, certains comme moi se réjouiront de l’humour de certains comme le Nicolas Cage Show, le News 60 ou encore certaines chansons-sketches, comme We’ll be the very model of a modern network TV show qui depuis le second épisode ne m’a pas quitté.

Pour finir, en tant que geek de la television américaine, on ne peut être que fort ravi de voir des guest stars se succéder au Studio 60, entre Felicity Huffman, Lauren Graham, Masi Oka, Allison Janney-toujours aussi épatante-, et Jenna Fischer pour le côté télé, Corinne Bailey Rae ou Sting pour le coté pop. Lauren Graham étant ma mère spirituelle, je retranscris avec fanatisme le dialogue entre Matt et Lauren.

Matt : You were in a number of wonderful sketches tonight, including a hilarious send-up of your character on Calico Gals.
Lauren : Gilmore Girls.
Matt : This is my number,if you ever feel like coffee or a basketball game or something. And would you give a copy of this to the girl who plays your kid on the show, too ?
Lauren : Is sucking-up- to-the-host time over ?
Matt : Sure, go enjoy the party.
Lauren : This is humiliating.

 

En définitive, Studio 60 on the Sunset Strip fut assurément la série witty de l’année. La virtuosité des dialogues et des situations, la maitrise parfaite d’Aaron Sorkin consacre véritablement la qualité suprême d’un série complexe, grandiose et envoûtante, et la place indéniablement dans le top three des meilleures séries 2006. Mais à la différence des débuts de The West Wing, on peut néanmoins reprocher le style rigoureux, sobre et perfectionniste de Studio 60 on the Sunset Strip qui parfois figé peine à amuser et tend à sombrer dans l’écueil du « bavard », sans pour autant être réellement filandreux. Ainsi, on ne pouvait donc qu’espérer que la série soit renouvelée car à en juger par la qualité de l’écriture, de la description du monde de NBS, de l’intelligence des épisodes, Studio 60 possédait un potentiel incontestable. Quel dommage.

 

 

Un hommage.

”We'll be the very model of a modern network TV show
Each time that we walk into this august and famous studio
We're starting out from scratch after a run of twenty years and so
We hope that you don't mind that our producer was caught doing blow

 

Yes, it's hard to be a player when at heart you've always had a hunch
To bite the hand that feeds you is a scary way of doing lunch
But still when we walk into this august and famous studio
We'll be the very model of a modern network TV show

 

HARRIET
I am a christian tried and true, baptized at age eleven
So unlike the lib'rals, gays and jews i'm going straight to heaven

 

JEANNIE
But if you feel you've been cheated and our sordid content lets you down
We'll hap'ly do the favor of an intellectual reach-around

 

We know the evangelicals are lining up to tag our toe
And then the corporations will not hesitate to pull their dough
But still when we walk into this august and famous studio
We'll be the very model of a modern network TV show ”

 

lalalala.

 

26.04.2007

Drive - Series Premiere - Critique

Drive - The kind of well-made brain candy that nearly demands

that you watch it with a bowl of popcorn.

Crée par Ben Queen et Tim Minear (Standoff, the Inside, Wonderfalls, Strange World)
Diffusion sur FOX
Series Premiere 15 Avril 2007
Saison 1 en cours
Format 42mn- 13 épisodes

Cast
Nathan Fillon (Firefly, Buffy), Melanie Lynskey (Two and A Half Men, The Shield), Kristin Lehman (G-Sport, Killer Instinct, Prison Break, Tilt), Taryn Manning (Get Real), Kevin Alejandro(Ugly Betty, Sleeper Cell), Riley Smith (Joan Of Arcadia , Raising Dad, 24, Freeks and Geeks)

Show Synopsis
Drive raconte l’histoire de l’organisation d’une course secrète et illégale rassemblant des joueurs venant de toutes parts des Etats-Unis. Le vainqueur de la course remportera 32 millions de dollar. La course est organisée par un groupe secret, et inconnu des participants, qui n’hésite pas à faire pression sur les joueurs pour compter sur leur participation, c’est le cas d’Alex Tully dont sa femme fut kidnappée il y a un an. Lorsqu’il fut contacté pour la course, Alex aux propos tenus par son interlocuteur, comprit qu’il détenait sa femme. Que se cache t-il derrière cette course ?

Critique
L’impression après avoir vu le pilot de Drive est assez neutre, mais positif dans l’ensemble. Ce n’était pourtant pas gagné.

Je ne suis pas fan de voitures, des courses automobiles, des ronronnements de moteur et des dérapages soignés, je n’ai pas le permis et ne pourrai même pas distinguer à vue d’oeil une Alfa Romeo d’une 2CV. Pour moi, Fast & Furious, c’est un peu l’American Pie des délinquants, alors c’est dire l’envie que j’avais de regarder Drive. Mais après tout, un pilot étant vite regardé, parfois vite oublié, je me suis dit pourquoi pas.

J’ignore si cela est du au fait qu’aujourd’hui j’ai visionné deux épisodes de The Amazing Race – que j’apprécie -, ceci étant Drive me fait penser à cette émission de real tv. Il est vrai que les deux concepts ne sont pas si éloignés, c’est l’histoire d’une course, de participants, d’étapes quotidiennes/checkpoints qui éliminent le dernier arrivé, bon, Drive a un côté mafieux et intriguant, des effets spéciaux et une réalisation à la Google Earth que The Amazing Race ne connaît pas, mais conceptuellement, cela demeure assez proche.

Juger Drive du seul fait de son pilot ne serait pas judicieux, c’est une série basée sur une intrigue unique qui lie les différents protagonistes et le pilot n’a fait que placer les pions dans le jeu. Cependant, le non-fan des voitures est pour sa part assez satisfait, le côté mécanique n’est pas l’unique atout de Drive, d’une part, il y a le cast qui est assez sympathique, la diversité des rôles qui pouvait être trop abondante du fait de cette course nationale réunissant une centaine de personnes, est selon moi pile ce qu’il fallait et est de surcroît assez hétérogène ; le mari epleuré par la disparition de sa femme, le jeune sorti de prison, la bande de copines très motivée, le père scientifique paumé et son ado de fille qui ne comprend pas vraiment la course, le jeune couple réuni après le retour d’Irak du garçon, la jeune mère qui semble fuir son violent mari, la femme poursuivi par l’un des dangereux organisateurs, qui s’impose bizarrement avec le mari épleuré …  

D’autre part l’intrigue en elle-même semble plutôt intéressante et permet ainsi à tout non-fan de voitures de pouvoir apprécier Drive : qui est derrière la course ? Quelles peuvent être les motivations de l’homme derrière la machine à contraindre la participation de certains à une course illégale, gratuite et qui rapporte gros ? Où est la femme d’Alex ? Que cache Corinna ? Wendy doit-elle tuer Ivy pour participer au second round, quelle est donc la finalité du jeu ? Autant de questions, que de réponses envisageables. On ne peut seulement espérer que la série continue sur sa lancée, qu’elle distille des éléments chaque épisode, et qu’elle bénéficie d’un soutien de FOX qui n’hésita pas à annuler certains shows après treize épisodes  mauvaises audiences alors que leur idée nécessite d’être traitée en une saison minimum.

 

22.04.2007

Six Degrees – Review Générale

 Six Degrees - A reasonably competent soap.

Crée par Stu Zicherman et Raven Metzner (What About Brian), produit par JJ Abrams (Lost, Alias)
Diffusion sur  ABC
Series Premiere 21 Septembre 2006
Saison 1 annulée
Format 42mn- 8 épisodes


Cast

Jay Hernandez (Hostel, Grindhouse), Bridget Moynahan (Sex & the City, I Robot), Erika Christensen (Flight Plan), Dorian Missick, Hope Davis et Campbell Scott.

Show Synopsis
« Qui toucherez-vous ? Qui vous touchera ? Ils disent que n’importe qui sur la planète peut être connecté à un autre individu en suivant une chaîne de six personnes, ce qui signifie que personne n’est un étranger… ou plus pour longtemps. »
Selon la théorie des six degrés de séparation (six degrees), six personnes séparent un individu d’un autre. Ce drama de ABC est centré sur six new-yorkais très différents qui vivent leur vie sans réaliser l’impact qu’ils ont les uns sur les autres. Certains sont amoureux, certains sont désespérés, d’autres veulent effacer les erreurs du passé… Une toile de coïncidences mystérieuses se dessinera progressivement entre ces étrangers, changeant le cours de leurs vies pour toujours. Est-ce un hasard ? le destin ? Sommes nous tous connectés ?

Critique
Le pilot de Six Degrees était pour moi, plutôt sympathique, sans être totalement convaincant. Mais je le dis : Six Degrees, c’est une série, plaisante enfin c’était. Après avoir été mise en hiatus en fin d’année dernière et être revenue le mois dernier, la série n’a pas survécue à la terrible loi des audiences. Demeure néanmoins huit épisodes plutôt sympathiques à regarder en cas d’ennui.

Le pitch de la série n’était pas vraiment emballant, démontrant encore et encore les destins croisés d’individus sous le prétexte supposé original des Six Degrés de Séparation. Le début du pilot d’ailleurs, s’ouvrant sur Carlos et ses propos philosophiques sur les rencontres humaines un brin niais ne nous prouve pas le contraire.

Mais une fois tous les personnages introduits, la série en elle-même est sérieuse, bien réalisée et assez agréable, d’une part elle bénéficie d’un avantage majeur : la photo de New York City. Paysages, rues, buildings, les décors sont un plaisir de l’œil. De surcroit, les histoires, jugées par certains comme bateau et clichées sont selon moi très honnêtes, offrant même quelques intrigues autour de Mae et Damian satisfaisantes qui intéressent le téléspectateur et des storylines justes et crédibles plutôt émouvantes.

Les personnages sont également estimables, et suffisamment attachants pour continuer la série. Mae, la jeune fugitive secrète et fofolle, engagée pour s’occuper de la fille de Laura, une mère libre et punk devenue récemment veuve. Whitney, sa nouvelle amie est elle une femme de carrière ambitieuse et très amoureuse de son fiancé. Steven lui est un photographe quadragénaire ex-junky, en panne d’inspiration qui souffre de la distance entre lui et son fils. Il vient d’être engagé par Whitney. Pour finir, Damian, un chauffeur de voiture de luxe, hanté par le démon du jeu et cherchant à fuir son passé de délinquant et Carlos un avocat trentenaire de l’aide juridique qui après avoir aidé une jeune femme ( la même Mae) se met à la rechercher continuellement dans tout New York. Les six personnages viennent ainsi d’horizons divers, ont des personnalités variées, et sous couvert d’une musique pop tristounette à la Joshua Radin incarnent des individus plutôt mélancoliques, ce qui n’est pas désagréable.

Les rencontres hasardeuses entre les différents personnages sont cependant peu subtiles, d’autant plus qu’à New York il est sûrement rare de croiser autant de fois les mêmes têtes.
Qu’importe, le thême de la série fonctionne et les storylines bien que banales ont leur effet et auraient été suffisantes pour tenir toute une saison.

En conclusion, une série à la thirtysomething plaisante comparable à Men In Trees ou Brothers & Sisters qui bénéficient d’un paysage de rêve et de personnages plus introvertis et crédibles, qui ainsi pour moi se démarque de ces dernières (oui, j’ai de plus en plus de mal avec ces deux soaps d’ABC).
Sis Degrees, un drama sympa sur la vie de new yorkais ou huit épisodes à visionner au moins cet été.